Deux jours en Camargue: zoizaux, flamenco et taureaux...

Le 13/12/2014

Cet excellentisiime compte-rendu nous est proposé par Marie Gabrielle que l'on remercie avec chaleur! (d'autant que c'était son tout premier!)

Week –end du 13 et 14 décembre 2014  en Camargue.

 

Visite du parc du Pont de Crau.

 

Ce parc ornithologique est situé au sud de la Camargue près des Saintes-Marie-de-la-mer.

Le premier arrêt nous a permis d’observer une héronnière, ensemble d’arbres servant de nichoir à des colonies de hérons.

Les hérons sont des échassiers à grandes pattes avec un long cou et un bec épais jaune orangé, allongé, pointu et conique. Ils sont carnivores. En vol, ils sont reconnaissables grâce à leur cou replié en forme de « S ».

Les hérons sont de la famille des ardéidés qui comprend aussi les aigrettes et les butors. Pour les distinguer, il faut tenir compte de la taille, de la couleur des pattes, du bec mais aussi de l’âge et du sexe.

Thierry nous a fait observer  et nous a parlé du :

- héron cendré au plumage gris.

- héron garde-bœufs au bec orange jaune moins effilé et au plumage blanc, que l’on trouve en général près du bétail.

-héron butor étoilé qui se camoufle dans les roseaux est de grande taille et son plumage est brun.

- héron bihoreau, de petite taille avec un plumage gris ou brun.

 

-de l’aigrette, plus petite que le héron avec un plumage blanc et de l’aigrette garzette dont le panache sur la tête en période nuptiale servait aux plumassiers de Paris.

 

La suite de la visite nous a permis de distinguer le héron des cigognes, en vol. En effet, si le cou des hérons en l’air forme une courbure en « S », les cigognes blanches ou noires ont le cou tendu.

 

Après une observation dans les airs, la vue sur les marais et sur la roselière nous a permis de faire le point sur les canards.

 

Les canards de surface plongent seulement la tête pour se nourrir dans l’eau.

-le canard Colvert, facilement reconnaissable par la couleur verte sur sa tête et son thorax marron. La femelle nettement moins colorée a un plumage  brun qui lui permet de se camoufler pendant la couvée.

En vol, on  reconnaît le mâle par un rectangle bleu outremer sur le côté.

-le canard souchet : identifiable par la tête verte, poitrine blanche et flancs marron, un gros bec et deux plumes incurvées sur la queue.

 

Les canards plongeurs plongent la totalité du corps pour se nourrir sous l’eau.

C’est le cas de la foulque macroule qui niche dans les roselières et que l’on reconnaît grâce à une plaque frontale blanche.

C’est le cas aussi du fuligule milouin, aux trois couleurs (en gros) : tête brune 

poitrine et queue noires et corps et flancs gris blanc.

Le plumage de la femelle est dans les tons gris.

 

Les corps des canards plongeurs sont plus lourds et plus massifs que ceux des canards de surface.

 

Le parc de Pont de Crau est réputé pour sa colonie de flamants roses.

Le mois de décembre est la période de la parade nuptiale. Nous avons donc pu assister à un beau spectacle de couleurs, offert par les mâles, nuances de rose et noir vif sous les ailes déployées. Le cou étiré, ils se font entendre par un chant impressionnant.

La Camargue est l’endroit qui regroupe la plus importante population mondiale de flamants roses.

Oiseaux très facilement reconnaissables, on distingue néanmoins un plumage différent selon l’âge, les plus jeunes sont gris.

La  couleur du flamant rose vient de son alimentation, une petite crevette (artemia salina) rose dont la couleur vient également d’une algue unicellulaire rose.

 

Au fil des chemins bordés de bosquets, nous entendions régulièrement la Bouscarle de Cetti. C’est un tout petit oiseau que l’on remarque peu à la vue car très discret par sa taille et sa couleur neutre mais que l’on distingue bien par son chant :

Ti-titititi-ti / Ti-titititi-ti / Ti-titititi-ti, notes très sonores avec de  petits coups de sifflets qui s’arrêtent brusquement.

La bouscarle de cetti vit dans les haies près de l’eau et sautille d’un bosquet à l’autre très rapidement.

 

Nous avons un temps laissé l’observation des oiseaux pour celle du biotope typique de la Camargue :

-la Sansouïre, formation végétale qui se répand sur un sol humide et salé. On y trouve donc des plantes halophytes (en grec, halos= sel et phyton=plante) :

-la salicorne que l’on reconnaît par un emboîtement de petits rameaux, utilisée en cuisine comme condiment.

- la soude, très riche en chlorure de sodium qui a fourni une soude naturelle à la région.

 

-la Roselière est un aussi un milieu de vie très riche où l’on trouve le roseau commun et le jonc principalement.

Sansouïre et roselière sont des milieux humides méditérranéen. La Sansouïre est plus salée que la roselière.

 

 

Dans ce milieu,  on a pu s’ intéresser à de nouveaux aux oiseaux : les fauvettes aquatiques ou des marais, petits oiseaux au dos brun rayé ou uni et dessous clair, la sarcelle d’hiver, canard de surface de petite taille.

On a vu planer au-dessus de la roselière le busard des roseaux, rapace diurne au vol assez lent  et au plumage brun sombre qui guette en guise de proie de jeunes oiseaux aquatiques. On reconnaît la femelle grâce à une calotte jaune.

 

 

Promenade  aux Saintes- Marie -de -la -mer.

 

Cette promenade ventée du samedi après-midi nous a donné l’occasion de faire le point sur les oiseaux marins : cormorans, goélands, mouettes et sternes.

Nous avons surtout tenté de distinguer les mouettes des sternes.

La sterne surnommée l’hirondelle des mers est en fait plus fine que la mouette.

 

Dans le sable, les pêcheurs à pied trouvent de petits coquillages, les tellines. Elles sont très appréciées à table.

 

En longeant le bord de mer, nous avons rencontré cette fois-ci de petits échassiers, les limicoles (en grec, limos= vase).

Ce sont aussi des oiseaux migrateurs de petites tailles avec de longues pattes en comparaison de leur petit corps. Leur bec est fin et assez long. Ils sont très actifs et mangent de petits coquillages.

Parmi les limicoles, on peut tenter de distinguer selon la couleur des pattes et la longueur du bec :

-Les chevaliers : chevalier culblanc, chevalier guignette, chevalier sylvain, chevalier aboyeur.

 

-Le tournepierre (et tournepierre à collier) a un bec plus court et assez robuste qui lui sert à soulever et faire rouler les invertébrés qu’il trouve en fouillant dans le sable  mais aussi sur les rochers. Il a aussi des pattes plus courtes.

 

Sur le rivage, entre mer et étang, des « oiseaux rares» très colorés au déplacement rapide ont retenu l’attention de Colette et Monique : les kitesurfeurs ou sportifs se déplaçant sur une planche  tractée par un cerf - volant.

 

Les plantes halophytes sont également présentes dans le sable et grâce à leur racines permettent de maintenir les dunes :

-la spartine qui laisse courir ses stolons, tiges aériennes et souterraines.

-l’oyat dont le système de racine profond se révèle très efficace pour tenir les dunes.

 

Nous avons vu aussi le chardon des sables.

 

Soirée camarguaise au mas de Sylveréal.

 

Nous avons poursuivi notre découverte de la Camargue au mas Sylvéréal sur la route d'Aigues-Mortes avec un dîner de la région : charcuterie de taureau, gardiane de taureau avec du riz et une fougasse d’Aigues-Mortes en dessert.

Le groupe Luna  Yena, représenté principalement par Esteban, chanteur gitan des Saintes-Marie a accompagné ce bon moment.

 

 

Les marais du Vigueirat.

 

Les marais du Vigueirat sont situés à l'est de la Camargue entre la plaine steppique de la Crau, ancien delta de la Durance et le delta du Rhône actuel.

 Sur cette plaine aride, les coussous ou coussouls en provençal offrent un herbage naturel aux troupeaux de moutons.

Les travaux de drainage et d'endiguement commencés au XVI siècle par Craponne qui a laissé son nom au canal permettant au nord d'assainir et de  mettre en culture les marais. Au XIX s., l'activité agricole (riziculture, élevage, pisciculture et chasse) devient  importante et réduit par conséquent les coussous.

 

Depuis 1982, pour éviter l’extension de la zone industrielle de Fos, le conservatoire du littoral  rachète des terrains agricoles, assurant la protection de cette zone constituée de marais,d' étangs, de coussouls, roselière, sansouïre.

Cette journée de promenade humide nous a permis en grande partie de réviser les connaissances de la veille et d'observer d'autres espèces.

 

Sur cet espace, vivent les taureaux camarguais en troupeau appelé manade. Ils se nourrissent dans la sansouïre, en semi –liberté. Les gardians, à cheval, leur donnent parfois un apport de fourrage et les surveillent. Ils sont marqués au fer aux chiffres de leur propriétaire, le manadier.

C'est au cours de certaines fêtes que l'on peut approcher le taureau, animal rustique et sauvage: les ferrades, les abrivados ou la course à la cocarde.

Il existe en Camargue quelques manades de taureaux espagnols pour la corrida.

 

Les chevaux camarguais vivent également en troupeau et en semi- liberté.

 

La Camargue est un espace riche pour les ornithologues.C'est là, en effet, que les ¾ des oiseaux en France  ont été observés.

 

Les  foulques sont présents dans le  marais en hiver où la population s’élève à 25 000   individus .  Leur ressemblance avec les poules d’eau les rend facilement identifiables.

 

L’oiseau typique de la plaine de la Crau est le Ganta Cata, très difficile à observer car son plumage lui permet de se camoufler. C’est une espèce en danger dont la particularité est d’utiliser d’anciens nids déjà construits ou des trous dans le sol.

 

La couleur des grands cormorans est liée à leur âge : les jeunes sont blancs, les immatures, bruns et les adultes noirs. Ils nichent en Camargue depuis 1998 environ.

C’est une espèce protégée en France. Toutefois, par arrêté préfectoral, à certains endroits de pêche, on peut les chasser pour limiter la population en concurrence avec les pêcheurs

(ex . la Sologne).

Le grand cormoran a un plumage semi perméable, le poids de l’eau lui sert à se lester lors de ses plongées. Ensuite, il se fait sécher pour se débarrasser de l’eau.

 

Les bergeronnettes sont de petits oiseaux migrateurs, difficilement observables.

 

La bergeronnette grise : plus facile à identifier par sa couleur gris noir

La bergeronnette printanière : couleur jaune verdâtre

La bergeronnette des ruisseaux : sa queue est plus longue, dessous jaune et dessus gris.

 

 

Le tadorne de belon, très  répandu, effectue sa mue dans le grand Nord en été. A la fin de l’été, il revient vers chez nous et comme il vient de muer, il est moins facile à identifier. Il a perdu ses grandes plumes. Grosso modo, il est blanc avec de larges bandes orange sur la poitrine et noires sur les flancs. Sa tête et son cou sont noires et son bec rouge vif( la couleur du bec peut aussi changer). Les immatures sont gris.

Le tadorne de belon fait son nid dans des trous au sol, des terriers de lapin.

 

La jussie, plante aquatique envahissante aux petites fleurs jaunes.

En proliférant, cette plante recouvre les plans d’eau empêchant les autres espèces de se développer.

 

Ces deux jours furent donc riches en observations et informations portant sur le milieu de vie camarguais.

Cette découverte de la Camargue  et l’ambiance amicale présente tout au long du séjour nous ont permis d'emporter un bon souvenir du WE Camargue de l'association et  nous ont probablement donné la curiosité d'approfondir le sujet.

 

 

                                                              Marie-Gabrielle

 

 

 

 


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 02/01/2015 à 14:46

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Album photo :


Un passage délicat

Figures de sable et

Les chevaux de la me

Les flamants du Pont

Le mas de Sylveréal

A la queue leu leu

Ciel, mer et kite su

Floc floc

Une position privilé

Flamants à la parade

 

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