Séjour en Haute Ardèche: 4ème jour: La tourbière de Sagne Redonde

Le 30/10/2013

Voilà un très bon compte-rendu de Sylvie. Merci à elle pour son investissement!!

 

C’est déjà le dernier jour.

1 degré ce matin et une bonne bise qui souffle du nord. Le plateau Ardéchois ne faillit pas à sa réputation.

Aujourd’hui direction le lac d’Issarlès, mais d’abord une petite pose achat de charcuterie au Béage.

Au bord du lac, nous découvrons une petite station balnéaire à 1200 mètres d’altitude, je vous rassure personne ne se baigne.

Un petit cours de géologie.

Nous sommes ici face à un cratère d’explosion lié à la rencontre de l’eau issue d’un premier lac et de la lave magmatique.

L’examen de quelques blocs sur la plage nous permet de reconnaître basaltes à olivine et phonolite côté lave, granite et gneiss côté socle.

De l’autre côté du lac, nous devinons une station de pompage ce qui nous permet d’aborder l’autre utilisation de cette réserve d’eau, qui reliée aux retenues sur le Gage et la Loire forme depuis 1955 un ensemble utilisé pour la production d’hydroélectricité à l’usine de Pont de Verrières sur la commune de Montpezat sur Bauzon.

En effet, l’eau de ce château d’eau que constitue le haut bassin de la Loire est transférée pour l’essentiel dans le bassin versant de la Fontaulière elle-même affluent de l’Ardèche. Cette eau ainsi bascule du bassin Atlantique de la Loire vers le bassin méditerranéen via l’Ardèche et le Rhône.

A partir des années 80 de nouvelles utilités ont été trouvées pour cette eau.

C’est ainsi que 3 millions de m3 sont prélevés pour assurer la desserte en eau potable de la région d’Aubenas.

Par ailleurs, en été, des lâchers sont effectués pour renforcer le débit d’étiage de l’Ardèche et permettre ainsi aux joyeux kayakistes de s’en donner à cœur joie dans les gorges de l’Ardèche.

Retour aux voitures et direction Issanlas pour partir à la découverte d’une tourbière patrimoniale.

Après une descente à travers champs depuis le hameau de Beauregard (et oui comme notre gite), nous abordons la tourbière Sagne Redonde.

Ces tourbières, souvent repérées sous le nom de sagnes sur le plateau, se forment sur terrains imperméables acides, où l’eau ne peut s’écouler, leur évolution lente permet la mise en place d’un milieu très riche où la production de biomasse est très importante. C’est le lieu de développement d’une plante hydrophile particulière : la Sphaigne.

La conjugaison de l’excès d’eau, de températures basses et de l’acidité, limite fortement la décomposition de la matière organique qui s’accumule constituant ainsi de véritables gisements de tourbe.

La sphaigne qui absorbe l’eau comme une éponge suit l’élévation perpétuelle du substrat en se desséchant à la base et en produisant de nouvelles tiges sur le dessus.

Ces milieux sont toutefois extrêmement dangereux car cette évolution n’est pas uniforme et de véritables entonnoirs profond parfois de plusieurs mètres et très étroits peuvent subsister entre les zones de développement des sphaignes.

Mais il est temps de rentrer, retour à travers bois en cherchant des champignons que quelques uns auront la joie de trouver : cèpes, pieds bleus.

C’est déjà l’heure de se séparer, certains partent au nord, d’autres au sud. Quelques uns mangeront sur place avant le départ à l’abri du vent dans la cours d’un petit gite restauré.

 


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 18/11/2013 à 21:05

Voir les commentaires (0) ]

 

Album photo :


Vue sur la tourbière

La tourbière de Sagn

Ca c'est du cèpe!

Vers la Haute Loire

Des couleurs!!

Une belle récolte!!

 

Tous les comptes rendus ]