Pâmoison à Palayson

Le 19/05/2013

Le rendez-vous, fixé à 9h30 sur le parking du Pont d’Endre, route de Bagnols-en-Forêt, permet aux 14 participants (dont deux enfants), de se rendre compte que l’Endre, ce modeste cours d’eau descendu de Brovès, peut devenir un torrent large et impétueux. On peut même dire effrayant, si l’on en juge par les quelques arbres de belle taille qui jonchent ses rives, arrachés et déposés là par le courant. Il a beaucoup plu et cela se voit car les premières mares que nous côtoyons débordent. L’ONF et la commune du Muy ont aménagé cette zone déclarée Réserve Naturelle protégée constituée de mares plus ou moins permanentes qui abritent une faune et une flore typiques de ces zones humides. Et, par les temps qui courent , très permanentes. Il est vrai que lorsque le climat redevient sec, l’été, tout cela s’assèche et toute vie semble avoir disparu.

Mais pour l’heure, cela grouille!  Ici, nous rencontrons tout d’abord la renoncule à feuille d’ophioglosse, et ses fleurs jaunes ainsi qu’un petit coléoptère noir, le girin, qui se déplace très vite sur l’eau en décrivant des ronds très rapides. Il ne coule pas grâce aux poils de son ventre qui emmagasinent de l’air ! La nèpe, qui marche au fond le l’eau peu profonde, se réapprovisionne en air en tendant l’extrémité de son abdomen vers la surface ! c’est curieux de respirer par cette partie du corps ! Mais voici nos orchidées sauvages : L’orchis à fleurs lâches, d’un joli mauve, le Serapias vomeracea avec son labelle en soc de charrue. Nous continuerons à les côtoyer, en particulier au bord de la mare de Catchéou, la plus importante et la moins temporaire. Voici le Serapias négligé, ou oublié, le malnommé et si peu oublié qu’il est protégé nationalement. Le Serapias lingua dont le labelle ovale terminé en pointe est d’un saumoné pâle et le sérapias Olbia (des îles d’Hyères). Le sol est détrempé par les pluies et il faut faire attention où l’on met les pieds. Cela n’empêche pas les Cadiens, jamais en reste d’idées pour ce genre d’activité, de  trouver un emplacement à peu près sec et ensoleillé  et de déployer un PNTC digne de leur tradition gastronomique.

            L’après midi commence bien, avec l’apparition de deux magnifiques couples de hérons pourprés qui aiment nicher dans ces zones humides où ils trouvent une nourriture abondante. D’autres orchidacées nous arrêtent, comme l’orphrys abeille, que nous connaissons bien. Un peu plus loin, voici le Thapsia villosa (thapsie velue), la tulipe jaune d’Australie, l’hélianthème vulgaire et celui à goutte. Citons aussi l’isoète de Durieux et le cytinet, un parasite fluorescent niché aux pieds des cistes, le plantain de Bellard et le trèfle de Cherler. Nous approchons du Coulet Redon, parsemé de villas blanches. Au Nord se dressent les escarpements abrupts de la Colle du Rouet, avec le rouge de son porphyre, et au Sud, de la même couleur, le magnifique rocher de Roquebrune. Sur le chemin du retour, nous croisons successivement le linaire de Pélissier, le pied d’oiseau, l’ornithopus comprimé, le  limodore à feuilles avortées, la potentille recta, le lis blanc…(que l’on me pardonne cette liste fastidieuse) Mais dans la végétation, les cistes de Montpellier et à feuilles de sauge cèdent peu à peu la place au ciste ladanifère aux feuilles « pégueuses » (en Français dans le texte) . Nous nous dirigeons maintenant vers notre point de départ, après une boucle d’une dizaine de kilomètres. Nous attendions une journée pluvieuse et une fois de plus, le temps nous a réservé une bonne surprise. Nous nous séparons, enchantés par cette balade radieuse, dans une nature sublimée par les pluies abondantes de ces derniers jours.                                                JCL le sec’adj           


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 21/06/2013 à 19:44

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