Côôôôrsica!: 2ème jour: Porto et les gorges de Spelunca

Le 24/04/2012

Quand on se lève le matin et qu'une fois la fenêtre ouverte, on voit un rideau de pluie qui masque les pins laricio au loin, on se dit que la journée va être compliquée. Mais le petit-déjeuner réconfortant et revigorant de Regina est déjà un gage de bonne humeur et l'annonce d'une agréable journée. 

Stratégiquement, c'est toujours épineux de trouver un programme quand le mauvais temps vient mettre son grain de sel. Sortir? Pas sortir? Cela étant, la pluie ayant promptement cessé, nous sommes partis, le coeur plein d'espoir, vers Portu (ou Porto selon que vous vous convertissez ou non à la langue corse). Porto est un village charmant, certes entièrement dédié au tourisme de masse mais qui a gardé -je trouve- une certaine forme d'authenticité propre à la Corse. Ici pas de barre d'immeubles, pas d'hôtel démesuré, pas de grand centre commercial. Tout reste à l'échelle d'un petit village où il fait bon vivre. Le garage (n'est ce pas Alain?) ouvre quand le garagiste trouve le courage d'ouvrir, les magasins sont sympas et les supérettes sentent le figatelli.

Direction la tour génoise. C'est l'occasion de faire un premier topo sur la flore corse. On voit autour de nous les plantes habituelles du littoral des Maures: L'alaterne, le lentisque, le tamier ou la salsepareille. Mais tout cela est rehaussé de végétaux qui à notre échelle de continentaux nous paraissent exotiques: ici pas d'asperge à feuilles épineuses mais de l'asperge blanche (Asparagus albus) qui fait des turions (les tiges qu'on déguste au printemps) plus robustes et aussi goûteuses. Ca et là, on découvre déjà les fameuses endémiques corso-sardes qui font le régal du botaniste que je suis: genêt corse (Genista corsica), capillaire des Baléares (Asplenium balearicum), épiaire glutineuse (Stachys glutinosa) à l'inoubliable parfum de pipi de chat. Sur le sol, de grandes surfaces d'une paronique: Paronichia argentata, présente également en métropole tout comme l'al triquètre (Allium triquetrum) en pleine floraison.

La tour génoise propose une belle exposition où l'historique de ces tours nous est proposé. On y apprend enparticulier que ces tours permettaient de donner l'alerte en cas de razzia par les maures en allumant un feu, signal qui se propageait alors de tour en tour.

Un petit musée sur la bruyère est également présent au pied de la tour.

Le pique-nique (cadien s'il en faut) est pris sur la plage de Porto. La dégustation de fromage corse commence... (et elle ne fait que commencer!). 

L'après-midi (puisqu'il ne pleut pas) est réservé à la descente des gorges de Spelunca. La route qui gravit les pentes en direction de la forêt d'AItone et Evisa montre un magnifique panorama où les falaises le disputent à la forêt et au torrent. C'est grandiose et superbe!

Nous nous garons à Evisa puis commençons la descente. Dès le départ une plante inconnue: le lamier bifide, inconnu de métropole, dresse ses corolles blanchâtres au pied du cimetière. 

Nous sommes tout de suite conquis par la beauté de deux plantes qui vont nous accompagner durant tout le séjour: l'hellebore de Corse (Helleborus viridis subsp. corsicus), endémique de l'île, et le petit cyclamen étalé (Cyclamen repandum, très rare et protégé sur le continent) qui egaye le sous-bois de ses délicates et abondantes fleurs purpurines. 

La première partie du sentier est d'affnité forestière. On s'amuse à trouver dans les roches découpées par l'érosion des formes étranges. Un singe fou rieur retient l'attention de quelques cadiens. Il y a autour de nous une richesse phénoménale en fougères, en lichens et en mousses de toute catégorie. Les organes reproducteurs d'une hépatique à thalle émerveillent le groupe.

Arrivés au torrent, un petit pont de pierre, d'une étrange beauté bucolique enjambe le ruisseau bouillonnant. La deuxième partie du sentier suit le torrent en épousant ses méandres Tout cela est d'une beauté rugueuse et sans fard. 

Botaniquement, il y a vraiment de quoi s'émerveiller. Ne serait-ce que la petite orchidée tachetée (Neotinea maculata) qui montre ses minuscules fleurs mauves et blanches. Cela étant, au moins trois espèces (endémiques bien sur) retiennent mon attention: la sabline des Baléares (Arenaria balearica), fragile petite plante formant de fins gazons dans les rocailles humides laisse poindre de délicates fleurs blanches à 4 ou 5 pétales. La barbarée des rochers (Barbarea rupicola) est en pleine floraison. Mais le plus remarquable reste la fragile nivéole à longues feuilles (Acis longifolium), plante rare et protégée sur le plan national, que l'on trouve sous un bloc quelques centaines de mètres avant l'arrivée. 

Le retour permet de nouvelles photos superbes. En redescendant d'Evisa, mon appareil accroche un epercée du soleil à travers les noires nuées: extraordinaire!!

Mais la plus fantastique découverte de la journée restera le poulet au cédrat de Regina que nous applaudissons en choeur!!!

Une journéequi aurait pu être ratée... et qui s'est muée en une journée pleine d'émotions et de beauté!

 


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 30/04/2012 à 14:18

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Album photo :


Des pivoines corses.

Lumière du soir reto

Regard sévère

Vagues à Porto

Dans les gorges de S

Encore dans les gorg

Un ciel magnifique

Le gîte de Serriera

Un pont génois

Cyclamens

Mer à Portu

Alain prisonnier dan

Effet de vague au pi

Lamium bifidum (le l

Une Peltigère, liche

Feuille bicolore de

Le groupe dans les g

Cyclamen repandum (l

Effet de spirale cyc

Les gorges de la Spe

Barbarea rupicola (l

Arenaria balearica (

Neotinea maculata (l

Les gorges de la Spe

Acis longifolia (la

Ombre et lumière

Lumière et ombre

 

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