Le Plateau Tercier (Drap, 06)

Le 20/03/2011

Merci encore une fois à  Bérengère pour ce beau compte-rendu:

 

 

Le printemps s’est invité à Champs Tercier ce samedi : ciel bleu légèrement moutonneux, lumière vive, douceur de l’air et brise intermittente pour adoucir la petite ascension. Conditions météo idéales, auxquelles s’ajoute le plaisir des rencontres florales.

Champs Tercier est un plateau à 500 m d’altitude de Drap, à 15 km de Nice,  qui domine la vallée du Paillon et le vallon de Laghet. Tout en haut s’offre un splendide panorama à 360°avec vue sur la mer, la forêt, les montagnes enneigées.

Les marcheurs gravissent le flanc sud qui domine le vallon du Laghet,, insensibles aux bruits urbains qui s’élèvent, leur préférant les mélodies amoureuses du rouge-gorge. De superbes restanques en cascades verdoyantes longent le sentier qui serpente, baignées d’un soleil lumineux. D’énormes oliviers séculaires déploient leurs frondaisons honorables, et de leurs troncs colossaux et noueux, à l’abri de niches improbables, s’épanouissent de timides violettes et l’orchidée de Robert, Himantoglossum robertanium (Barlia robertiana).

En suivant ainsi le GR 51, l’ascension progressive mène au sommet. Le paysage sur la droite est parsemé de chutes vertigineuses sur les habitations minuscules, de lacets bitumeux à flanc de montagnes, de viaducs modernes où circule toute une faune motorisée.

Laissons cette vie remuante et pressée, voici sur l’herbe tendre une couleur qui attire le regard : c’est la ficaire qui éclaire de ses pétales jaunes vifs le parterre ; ses feuilles sont luisantes et ses fleurs brillantes. Petite vivace en touffe drue dressée de ci-delà elle porte aussi le nom de « petite  éclaire ». Elle aime les coins humides et frais, les oliviers lui fournissent l’ombrage propice à son épanouissement. Dans la médecine des signatures, et encore aujourd’hui, on dit qu’elle soigne certains maux comme les hémorroïdes, grâce à ses racines tuberculeuses ; ses jeunes feuilles fraîches cueillies avant floraison seraient comestibles, mais attention, cette belle plante contient des substances vénéneuses.

Un pas encore, voilà la molène blattaire (Verbascum Blattaria ; herbe aux mites qu’elle ferait fuir ?!) dont le feuillage duveteux et large s’étale sur le sol rocailleux. C’est une bisannuelle à la floraison jaune et mauve ; cette année nous n’en verrons que le feuillage. Les espèces de Verbascum sont nombreuses (115 noms sur Wikipédia), et l’on reconnaît communément le bouillon blanc dont Pline conseillait l’emploi en cas de lésion ou d’irritation pulmonaire. Autrefois les feuilles desséchées étaient employées pour fabriquer des mèches de lampe (réf. « les précieuses plantes de Méditerranée » Dr Avramov Edisud).

Le fumeterre aux délicates feuilles découpées présente ses fleurs rosées pâles ou mauves et blanches. Lui aussi se décline en plusieurs espèces, dont certaines officinales. Sous l’ombre protectrice des oliviers, s’étale un ravissant tapis parme d’anémones des jardins (Anemone hortensis). Les fleurs aux pétales étroites et pointues évoquent à tort les marguerites ou Dimorphoteca ; mais c’est bien une anémone. Plus loin, voici l’anémone couronnée, couleur violette avec ses pétales arrondis et qui nous rappelle qu’elle ne doit pas être cueillie car rare et protégée sur le plan national ; les anémones peuvent être violettes, parme, bleues, blanches ou rouge, pourpre même.

Voici encore l’euphorbe de Nice, (Euphorbia nicaensis) qui fleurit de mars à avril dans les lieux secs chauds dégagés et rocailleux de l’étage méditerranéen ; le ravissant peigne de vénus, Scandix pecten-veneris), plante herbacée annuelle de la famille des Apiaceae, dont le nom provient de la forme de ses fruits ridés avec de très longs becs qui, regroupés en ombelles, évoquent un peigne. C’est une plante adventice des terrains cultivés et des friches. Puis l’euphorbe arborescente qui annonce un écosystème particulier à l’arrière pays niçois ; ce sol des brousses à euphorbe est sec, aride. La plante a adopté un cycle végétatif inversé pour se préserver de la sécheresse : l’été elle perd complètement ses feuilles pour limiter ses besoins en eau, et dès l’automne elle se remet en activité pour fleurir ; on peut donc l’observer avec son superbe port en boule au feuillage qui varie du vert au rouge.

Voici le bel Arisarum vulgaire  qui déploie son « capuchon de moine » ; à son centre, si on soulève ce curieux chapeau, se lovent les fleurs mâles jaunes et les fleurs femelles vertes regroupées autour du pistil.

Le groupe s’arrête soudain devant un imposant balai de sorcière, étonnante conjugaison d’un champignon parasite indésirable et de son hôte réprobateur, le pin, qui tente de lutter contre l’envahisseur. On l'appelle aussi « rouille-balai de sorcière ». Elle est provoquée par le champignon Melampsorella caryophyllacearum qui cause un développement excessif de rameaux à partir d'un même point sur une branche, formant ainsi un balai de sorcière. La rouille cause rarement la mort des arbres, mais peut induire un ralentissement de la croissance. Le champignon vit sur deux hôtes en alternance, le sapin baumier et la stellaire moyenne. (source wikipédia).

De petits Carex fleurissent au bord du chemin tandis que les premières asperges sauvages montrent leurs pointes tendres aux promeneurs gourmands. Ophrys araneola, ophrys araignées, la nature déploie ses merveilles dont les plus discrètes ne sont pas des moindre.

Le caroubier ne nous émeut pas ? Son feuillage est pourtant remarquable !  C’est un arbre (protégénsur le plan national) mesurant de cinq à sept mètres de hauteur et pouvant atteindre exceptionnellement quinze mètres; originaire des régions méditerranéennes, cette essence thermophile a été largement répandue par la culture et se plaît sur des pentes arides. Elle est cultivée pour son fruit les « caroubes », gousses pendantes de dix à trente centimètres de long sur un et demi à trois centimètres de largeur, d'abord vertes, qui deviennent brun foncé à maturité, en juillet de l'année suivante. La taille et le poids des graines étant assez réguliers, elles ont servi d'unité de mesure dans l’antiquité. Leur nom est à l'origine du carat qui représentait le poids d'une graine de caroube, dans le commerce des pierres précieuses. (réf. Wikipédia).

Au détour d’une courbe légère, un parfum subtil de miel effleure nos narines : la corbeille d’argent, discrète mais odorante, embaume la sente. Un merle bleu (monticole bleu) s’échappe précipitamment d’un taillis, trop vite pour les marcheurs retardataires.

Au croisement, nous quittons le chemin sud qui s’évade encore bien loin, pour monter plus rapidement vers le plateau. Un cabanon romanesque en ruine, des asperges à profusion ; c’est la pose déjeuner, arrosée de syrah chaleureux, de doux financiers parfumé au citron.

La montée reprend doucement après ce repos mérité, et très vite le panorama superbe du plateau annonce le sommet. Au loin se profilent les Alpes enneigées, la mer brumeuse et la forêt lointaine.

Ici les ficaires sont rases, petites et lovées entre les pierres. Cherchent-elles à se protéger du vent, du soleil ? Entre les roches, de jolies touffes d’anémones et de ficaires amincies font du parterre une illustration du pays des Schtroumf. La gagée se faufile sur un tapis pierreux ; elle est discrète aussi car elle se sait rare (et protégée sur le plan national), et veut se protéger du cueilleur ignorant. Sur ce plateau, des pierres à volonté ; la végétation est plus malingre mais néanmoins présente. Survole d’un couple de circaètes Jean le Blanc que nous observons attentivement dans leur danse planante.

En redescendant, voici une laitue radiaire au feuillage bien découpé. Les asperges réapparaissent pour le bonheur de certaines.

Mais au fait, où est donc la nivéole ? Sans doute a-t-elle été prévenue trop tard du changement de programme du Cade. Le samedi n’étant pas son jour de sortie, elle n’est pas libre et ne se montrera que plus tard. Tant pis, à une autre fois ! Et puis n’a –t-il pas été dit avec délicatesse que « on avait les plus belles plantes avec nous »…



Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 26/03/2011 à 07:57

Voir les commentaires (0) ]

 

Album photo :


Hyoseris radiata, "l

Fumeterre agraire, F

Scandix pecten Vener

La barbabouc, ou sal

Hélianthème dressé,

Capitule de salsifis

Balai de sorcière

Ophrys aranifera (OP

Ophrys aranifera

Coronilla scorpioide

Kandis perfoliata (l

Muscari neglectum

Astragalus monspessu

Orchis de Robert (Hi

Orchis de Robert (Hi

La ficaire (Ranuncul

Erophila verna (drav

Gagée des prés (Gage

Crocus bigarré (Croc

Circäëte Jean le bla

Peigne de Vénus (Sca

Narcisse Tazette (Na

Orchis de Robert (Hi

Fleur d'euphorbe arb

Ophris

Ophris Araneola

Moutarde des champs.

Olivier... Olea Euro

Moi j'aime pas les s

Portrait d'un mécont

Photographe en herbe

Euphorbe arborescent

Ficaire (Ranunculus

Cétékoi tonnon?

Anémone des jardins

Belle Vue!!!

Olivier ... Belle si

Anémone sauvage

Olivier et orchidée

Barlia sur olivier

Départ

No coment.

Majestueux.

Barlia barlia barlia

Arum capuchon de moi

Au zoom, la ville en

Saponaire faux basil

Etonnement!

Carex en fleur.

Restanque et olivier

Derrière nous la vil

Une branche du carou

Paysage à la provenç

Une euphorbe sur pie

Gros plan sur la sta

Hélianthème, corbeil

Pour la retraite...

Flanc sud.

Un certain point de

Sentier et rocaille.

Belle ficaire.

Aperçu de la ruine.

Arrivée au sommet su

Les ficaires en rédu

Repérage.

Repérage en sourire.

Sommets enneigés.

Oui j'aime les ficai

Anémone hortensis.

Au pays des Sthroumf

Contemplation.

Retour coté mer.

Gagée prise au piège

Temps qui se gâte.

Nivéole de Nice (la

 

Tous les comptes rendus ]