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Merci à Bérengère pour ce beau compte -rendu/
Sortie salades sauvages à Flayosc
C’est sur la commune de Flayosc que le Cade s’est promené ce dimanche 13 février.
Une matinée entièrement consacrée à la reconnaissance des salades sauvages directement sur le terrain, puis une après-midi tournée vers l’agriculture d’autrefois avec la visite d’un ancien moulin à blé.
Partis du parking de l’école communale, le groupe a traversé la départementale pour rejoindre en contrebas les abords du canal. Ce petit canal alimentait autrefois les fontaines de Flayosc et son lavoir. Aujourd’hui il est en réfection, donc à sec, ce qui permettra- à défaut d’une balade au fil de l’eau- de s’approcher davantage des végétaux accrochés aux murs des jardins.
En file indienne, les marcheurs affamés de verdure avancent docilement en quête de comestibles sauvages. Petit cours de « botanique culinaire » qui fait découvrir pas moins de 25 représentants de la flore locale. Observées, photographiées, commentées, cueillies, puis dégustées plus tard, ces admirables petites herbes à l’anodine silhouette vont révéler leurs saveurs étonnantes. Du coquin nombril de vénus, au compagnon blanc, en passant par la pétarelle ou silène enflée, la sympathique violette et le terrible nasitort, tout passe au tamis scrutateur des végétariens d’un jour. Les jardins défilent et les paniers se remplissent de toutes ces plantes étonnantes qu’on aurait autrefois foulées par ignorance. De galinette en cressonnette, de pimprenelle en cousteline, nos pas nous transportent jusqu’à la demeure de notre guide. Petite investigation du champs qui entoure la maison pour y trouver encore l’arrucat, le crépis fausse bourse à pasteur, le délicieux pain blanc…
Toute une composition de formes et de saveurs variées. La récolte est parfaite. Il est temps de penser à laver ces délicates herbes pour les préparer à plonger dans la sauce vinaigrette. Saluons ici l’accueil chaleureux de Colette qui nous servit un rafraîchissant vin de citron en apéritif. Puis, les salades ont rejoint la sauce au vinaigre balsamique et moutarde à la truffe délicieuse qui avait été préparée par ses soins. Dans une gestuelle parfaitement sauvage mais délicate, quelques envolées de doigts se sont succédées dans un ballet comique depuis les bouches jusqu’au saladier.
Devons-nous insister sur ce qui s’ensuivit d’un repas toujours pantagruélique, débordant de liqueurs et alcools en tous genre ? N’entamons pas la réputation irréprochable d’un groupe d’ordinaire laborieux et sérieux et passons aux choses scientifiques :
Nous avons donc mangé (ou aurions pu) :
1 les nombrils de vénus (tant pis pour elle !)
2 la doucette d’eau (épilobe).
3 Le mouron des oiseaux.
4 La fausse roquette blanche.
5 L’oxalis petit pain de coucou.
6 La frêle violette (unique exemplaire dévorée par le président).
7 Le lilas d’Espagne (à consommer cuit comme les épinards).
8 La menthe à feuilles rondes (intéressante pour relever les saveurs).
9 Le compagnon blanc : jeune feuille poilues ; goût de petit pois.
10 La pétarele (silène enflée) les feuilles sont opposées, d’un vert bleuté ; face à la lumière on peut voir une marge blanche avec des cils ; elle a aussi un goût de petit pois.
11 La cousteline, l’une des meilleures
12 L’arrucat ou main du voleur, dont la racine est aussi comestible
13 La raiponce, la racine en radis est succulente.
14 Le crépis bursiflore, repérable par son cornet au centre.
15 La pimprenelle.
16 La cressonnette.
17 Le pain blanc.
18 La pâquerette.
19 Le plantain, qui se mâche longtemps.
20 Le pissenlit : ses feuilles ont les dents vers le bas.
21 Le Crepis foetida.
22 Le laiteron, à manger jeune.
23 La galinette, barbe de bouc dont tout se mange.
24 Le Tragopogon.
25 Le nasitort.
26 Le pissenlit luisant.
27 L’oseille violon.
L’après midi : nous allons en voiture du coté du hameau de Sauveclare à quelques kilomètres au sud du village et nous garons à proximité de la chapelle St martin ; puis suivons à pied l’ancienne voie ferrée qui conduit vers la rivière Floreille, le but étant de rejoindre un ancien moulin à grains. Passé un pont assez haut, nous rejoignons les rives, ravagées par les pluies de juin dernier. Nous nous dirigeons vers le tunnel de pierres taillées, dont le but était de permettre le passage de la voie ferrée au dessus de la rivière. Son imposante masse est extraordinaire : une telle construction pour enjamber une si petite rivière semble incroyable, d’autant que la voie ferrée n’aura servi que peu de temps. A la sortie de ce pont nous gravissons légèrement la rive pour découvrir les ruines du moulin ; son histoire est contée, celle de l’époque où nos ancêtres consommaient 1.4 kg de pain par jour. Les lorguais y venaient moudre leurs grains, c’est dire l’importance de cette agriculture. On y voit les traces du chemin par où les tombereaux charriaient le blé ; puis les restes du canal qui amenait l’eau de la Florielle entraînant les deux énormes roues l’une dite silencieuse, l’autre tournante, par un système de roues à cuillères (le roudet).
Nous quittons le moulin de Parouard pour une dernière marche le long de la voie ferrée, et avant de se quitter traversons encore un tunnel qui servit un temps à la culture des champignons de Paris.
Belle journée autour de Flayosc et sympathique leçon de choses qui nous vaudra sans doute de ne plus dénigrer ces « mauvaises herbes » qui encombraient nos jardins.
Aucun organisme rencontré lors de cette sortie Fiche créée le 27/02/2011 à 20:46 [ Voir les commentaires (0) ]
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