Cévennes 2ème jour: pluie et champignons

Le 24/10/2010

Nous retrouvons ici un autre excellent compte rendu concocté par Bérengère... Merci à elle!

Dimanche matin ; il ne fait guère plus chaud qu’hier et la pluie est suspendue au-dessus de nos tête. Tant pis ! on sortira quand même ! on est venu voir les champignons, on les verra.

En voiture ! une piste grimpe dans la colline couverte de hêtres et de sapins.

Sortant gaillardement des véhicules, bien encapuchonnés, une troupe de lutins colorés s’aventure dans les bois. La consigne : débusquer le bolet. Alors voilà bientôt que le gros du troupeau quitte son berger pour la plus goûteuse des révérences sylvestres : fouiner, gratter le sol, remuer l’humus pour débusquer le coquin cryptogame. Evidemment les plus experts sévissent rapidement, les novices cueillent tout ce qui se présente, bon ou mauvais, russules, amanites tue-mouches ou citrine, bolet au pied rouge… C’est égal ! le chef a dit qu’on étudiera tout ça ensuite. Ce qui est étonnamment commun à tout le monde, c’est la sensation d’ une course au trésor accompagnée de glapissements joyeux dès que la découverte est là. Non moins vraie la lassitude du « bredouille » au panier vide, qui botte le caillou au loin, dépité devant tant d’injustice.

La campagne est ravissante, les feuilles offrent un tapis moelleux, une grenouille imprudente sautille de l’eau à l’herbe ; nulle n’a osé l’embrasser, c’est qu’il y a sans doute suffisamment de princes charmants dans les bois aujourd’hui.

La balade effectuée sous une pluie installée à présent, nous ramène aux véhicules ; mais il faut vraiment retourner sur les lieux où furent trouver de beaux bolets par Magali, sans quoi la cueillette ne nourrira pas son homme. Les plus courageux continuent donc et retournent sous la hêtraie enflammée, au tapis de feuilles rousses et dorées qui étouffent les pas. Nous dessinons à nouveaux des cercles de danse, mais en vain. Contemplons plutôt la fougère sépia, servile compagne qui s’incline en respect sous la haie des grands arbres. Et ce sentier magique, invitation aux romantiques promenades, qui se prolonge si loin qu’on y voit d’improbables chimères.

On y croise deux randonneurs experts en cueillette, le panier bien rempli de ces bolets joufflus. Mais l’ondée s’intensifie et il n’est pas raisonnable d’espérer déjeuner ici. Nous rentrons au gîte. Sur la tablée serrée et bruyante se retrouvent les cueilleurs méritants tandis que notre généreux président s’active à cuisiner les précieux aliments pour une séance dégustation. Quelle saveur ! Quel régal !

Dans l’après midi en salle commune, c’est le temps de la reconnaissance des champignons : chacun s’empresse de chercher dans un livre les noms des curieux articles rapportés de la forêt, sous l’œil averti de notre guide qui contemple ses ouailles. Distraction instructive qui permet de patienter jusqu’à l’heure de l’ouverture du musée, on apprend donc à se méfier des beaux et des laids ( !) les bons n’étant pas toujours ceux qu’on croit.

C’est à l’écomusée de Le Pont de Montvert que l’on se rend pour une découverte géologique, historique et artisanale de la Lozère. De panneaux en vitrines on y revit les bouleversements de cette terre granitique semée de tourbières. On y apprend comment se tissait le cadis, toile grossière resserrée au foulon à l’eau froide, puis peignée avec un peigne chauffé dans un four en terre. Base des vêtements d’alors et des linges de maison des gens humbles, tandis que la belle étoffe de laine -l’estame- était vendue aux tisserands de Mende pour confectionner les serges. On y visite l’habitat traditionnel d’alors avec sa patouille (évier monolithique) ses toupines (pots de terre) ; le drôle de moine : instrument en bois et métal pour chauffer le lit. Puis le travail des muletiers qui transportaient le vin. Ainsi nommés quand ils avaient au moins 6 bêtes, sans quoi ils devenaient simples raffardiers.  Citons encore le clocher dit « de tourmente » qui guidaient les voyageurs égarés dans la tempêtes, le peignage des narcisses, la récolte du miel contée par un respectable nonagénaire toujours actif et radieusement photographié par Thierry ; arrêt sur la dépouille empaillée du grand Tétras et sa compagne, témoins d’une volonté de réhabilitation de la faune et de la flore. Tant de choses à découvrir sur cette belle région, austère par bien des aspects mais si grandiose par ailleurs. Nous n’avons pas vu passer le temps, et dehors il pleut encore.

Retour au gîte, certains s’arrêtent à la boutique, d’autres apprécient Le Pont de Montvert sous la pluie. La belle citée aux trois ponts  enchante même sous la grisaille. Le pont-horloge enjambe le Tarn, gonflé de ses deux affluents (Rieumalet et Le Martinet). Dans l’histoire, cette commune de 300 âmes a été aussi le théâtre d’évènements tragiques déclenchant la guerre des camisards ; plus léger est le souvenir du passage de Robert louis Stevenson.

Pour l’heure, admirons ces pierres rondes et grises qu’il sied à l’automne de faire ressortir. Nos âmes en sont réjouies, et sans doute n’y a-t-il pas d’endroits malheureux quand nos pensées sont rieuses.

De retour au gîte en début de soirée, Jean Claude nous convie à une conférence sur la représentation picturale de certains saints et saintes ; il nous invite à une observation détaillée des symboles que fournissent la présence récurrente de certains objets ou attributs. Ceux-ci étaient destinés à faire reconnaître le saint concerné aux croyants illettrés. Illettrés de jadis et ignorants d’aujourd’hui se retrouvent ainsi à poser un regard plus circonspect et respectueux sur le travail de l’artiste. Le temps n’a pas toujours terni les couleurs et saint François d’Assise comme St Sébastien émeuvent l’assistance ou l’amusent. Avec moins d’a priori et plus de curiosité, les commentaires vont bon train, dans la jovialité et l’assentiment tolérant du conférencier. Il nous dévoile aussi les multiples représentations de la vierge Marie : en gloire, à l’enfant, des sept douleurs, de la miséricorde… et de Venise à Mônétier, c’est par Draguignan que l’on est convié à venir admirer une magnifique peinture en l’église Notre Dame.

Bonne thématique admirablement photographiée et commentée, que Jean Claude en soit remercié.

Un bon repas s’impose enfin : dans la marmite chauffe la soupe de légume et le gigot crépite doucement dans le four. Passons aux nourritures terrestres que nul ne songera à bouder ; le rôti est accompagné de riz sauce girolles, puis le fromage fait la révérence aux tartelettes à la mirabelle.

Au dodo, demain le mont Lozère nous attend.


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 02/11/2010 à 11:27

Voir les commentaires (0) ]

 

Album photo :


Intense frénésie de

Mais quel est ce cha

Strobilomyces strobi

Sparassis crépu

Amanita submembranac

Boletus erythropus

Quête de champignons

On cherche, on cherc

A la recherche....

A la recherche 2

Identification de Ma

On ne m'a donné que

Communauté d'identif

Ca pousse sous les h

Une molaire dans la

Tout juste né sous l

Amanita muscaria (po

C'est-y pas mignon?

Ambiance...

Automne quand tu nou

Le faîne du hêtre..

Cos'è?

Amanita métallicus!!

Automne quand tu nou

Balade au village.

Le pont et son beffr

Balade au village 2

Voilà la porte de la

Balade au village 3

Quelques fruits de s

Balade au village 4.

"il pleut il pleut..

Couleurs d'automne

Dans les fougères ro

Dans les fougères se

Quelle est belle la

On ne s'en lasse pas

Incursion dans un de

Incursion 2

Incursion 3; là j'ex

C'est joli même sous

Sous le pont le Tarn

Quand le Rioumalet r

Mais sous le soleil

Où est celle qui me

 

Tous les comptes rendus ]