Vallée de l'Ubaye 1ère journée: 11 juillet 2010

Le 11/07/2010

Ce très intéressant compte-rendu nous a été concocté par Jeannine. Comme d'habitude, il n'y a rien à redire. C'est de l'excellent boulot!!! Merci énormément Jeannine et Henri pour vos efforts!!!

Séjour à Maljasset, vallée de l’Ubaye

10, 11, 12 et 13 juillet 2010

 

Après avoir passé Saint-Paul-sur-Ubaye puis la Petite et la Grande Serenne, vous arrivez en vue d’un magnifique pont, le pont du Chatelet. Construit en 1882, il enjambe la brèche taillée par l’Ubaye dans le verrou glaciaire et permet de rejoindre le village de Fouillouse autrefois isolé et desservi seulement par un modeste sentier.

C’est à proximité de ce majestueux site classé que les 24 cadiens de ce séjour se sont donnés rendez-vous le samedi 10 juillet à midi. De là, le convoi emprunte la route ponctuée de villages et de hameaux ayant chacun une église, ou un clocher ou un cimetière : Saint-Antoine, La Barge, Maljasset, Maurin…

Maljasset, l’avant-dernier des hameaux, un village du bout du monde aux maisons de pierres et aux toits de lauzes, plus ou moins abandonnées, plus ou moins restaurées. Notre gîte est l’une de ces maisons : l’ancien presbytère (d’où son nom La Cure) a été repris par la famille Longeron depuis quarante ans. Une belle maison aux caves voûtées (notre salle à manger), dans laquelle nous disposons de 26 places réparties en chambres de 6 à 8 personnes. Nous nous y installons.

Un orage subit  interrompt notre première sortie botanique. Dans la salle à manger, Thierry organise un jeu inédit où il est question de villageois, de voyantes, de loups-garous : éclats de rires, de surprise, regards entrecroisés, gestes furtifs… le jeu a du succès !

Nos hôtes, deux jeunes gentils et attentifs, toujours pliés en deux pour éviter de se cogner aux voûtes très basses, sont fort occupés par nos 24 personnes. Ils nous préparent une excellente cuisine : chaque repas est composé d’un potage, d’une viande accompagnée d’un légume cuit et d’un féculent, d’un plat de salade, fromage et dessert, le tout arrosé des bouteilles des uns et des autres, dans l’ambiance des repas cadiens que vous connaissez !

Maljasset, un village du bout du monde ? Pas tout à fait. Car, à partir de là, partent des sentiers qui conduisent à des cols ouvrant sur d’autres horizons. Vous franchissez le col de Girardin ou le col du Tronchet et c’est le Queyras. Vous arrivez au col du Longet et c’est l’Italie. C’est aussi le lieu de  naissance de l’Ubaye, un endroit magnifique tout hérissé de pierres dressées entre lesquelles surgissent de petits ruisseaux… Rien n’est loin en fait. Je pense aux colporteurs.

C’est de Maurin que nous partons ce dimanche 11 juillet à 8 h pour les lacs de Marinet (2530 m). A la forêt sans fleurs car broutées par les moutons succède la prairie à fleurs qui laissera la place à la zone de combat, qui elle-même la laissera à la pelouse alpine.

Dans la prairie alpine, une multitude de fleurs dans les nuances de bleus, jaunes, roses, mauves accompagnées de parfums :

- le Calament (mauve clair)

- la Toque des Alpes (rose)

- la Rhinanthe (jaune)

- l’Orchis vanille (rose vif au parfum de vanille)

- la Doronic (jaune éclatant)

- l’Armérie (rose clair)

- la Campanule (bleue ou mauve)

- la Joubarbe (rose)

- la Potentille (jaune)

- la Raiponce (mauve)

- l’Euphraise (rose)

- la Pédiculaire ou Herbe à poux

- l’Hélianthème (jaune)

- le trèfle (rose ou blanc)

- l’Œillet (rose)

- le Lotier (jaune et orange)

- la Potentille (jaune)

- la Gentiane acaule et la Gentiane printanière (mauve ou bleue)

- la Pâquerette alpine (blanche)…

 Et tant d’autres !

 

Dans les endroits humides nous trouvons la Benoîte des ruisseaux, le Saule glauque, la Linaigrette, la Primevère marginée, la Grassette…

 

Il y a aussi des plantes sans fleurs, comme l’Astragale (ou coussin de belle-mère) dont il ne reste que le rachis quand le limbe des folioles est tombé, la Bartsie des Alpes aux couleurs funèbres,  les joncs : le Jonc alpin, le Jonc arctique (rare et protégé en PACA), le Jonc trifide (à trois pointes), le Jonc de Jacquin (rare lui aussi) et les Carex : la Laîche jaune, la Laîche bicolore aux épis verts et noirs…

 

Il y a enfin des plantes comestibles qu’il faut savoir les reconnaître car elles peuvent nous dépanner en cas de nécessité !

- Le Trèfle des Alpes (à distinguer du Trèfle alpestre rose et du Trèfle des montagnes blanc), dont la racine lavée et pelée a un bon goût de réglisse

- La Véronique d’Allioni, ou Thé des Alpes, ou Tisane des chamois, qui peut être utilisée en  tisane

- La Renouée vivipare, dont les graines ont un goût de noisette

- L’Achillée herbe-rouge, ou Génépi bâtard, que les montagnards utilisent parfois en complément du Génépi

- Le Galium, pour cailler le lait

- La Dryade octopétale, ou Thé suisse

- La Grande impératoire

- Le Thym-serpolet, pour agrémenter certains plats

- La Ciboulette pour parfumer les salades

- La Silène enflée dont les feuilles ont un goût de petits-pois.

 

Il est environ midi. Nous pique-niquons près de la bergerie supérieure de Mary, bien au soleil sur les rochers, entre les ruisseaux. L’après-midi, certains redescendront, d’autres continueront jusqu’au petit lac de Marinet (2533 m) et auront fait ainsi 860 m de dénivelé, mais redescendront sans avoir vu le grand lac de Marinet (dommage !). Neuf courageux continueront jusqu’au col de Marinet (2787 m) puis, en suivant la crête,  arriveront jusqu’au col de Mary appelé aussi col de Maurin (2641 m) et auront fait 1100 m de dénivelé ! Là, ils verront des fleurs qui poussent à des altitudes plus élevées. Ils redescendront par le GR de Pays du tour du Chambeyron.

Au cours de cette très belle balade, chacun aura pu trouver son plaisir à son niveau.

 

C’est vers le lac et le col du Vallonnet (2524 m) que nous allons aujourd’hui, dimanche 12 juillet. Nous empruntons le pont du Châtelet et sommes accueillis à Fouillouse par le joli clocher de son église aux trois cloches de différentes tailles qui se détachent dans le ciel bleu, car il fait beau ce matin.

Nous suivons le GR56 qui lui-même suit le Riou de Fouillouse jusqu’aux ruines du fort de Plate Lombarde. Il faisait partie de l’organisation défensive de l’Ubaye approuvée en 1931 par le ministre de la guerre André Maginot. Il était destiné à protéger les ouvrages de Roche la Croix, de Saint-Ours et de Viraysse. Là, nous laissons le GR56 pour prendre celui qui contourne le vallon de Plate Lombarde. Le col de Stroppia se dessine juste au-dessus de nous. Nous pique-niquons à proximité du col du Vallonnet, à l’abri du vent. Les nuages bourgeonnent et inquiètent  Robert, mais nous n’auront pas d’orage aujourd’hui. Nous revenons à Fouillouse par le même GR56 où nous prenons d’assaut, assoiffés par la chaleur, le petit bar « Chez Bourrillon ». La petite dame, un peu dépassée, est vite aidée par de « Gentils Cadiens » qui organisent le service, débouchent les bouteilles, servent et font l’addition …  Chacun terminera la journée selon ses besoins ou ses goûts : achats à la Maison de Pays de Jausiers, nouvelle partie de Loup-Garou… Le soir, vers 10h 30, la sortie aux étoiles permettra… d’écouter la chouette… et  d’observer nuages et ver luisant !

 

Au cours de cette journée, nous avons rencontré les fleurs de la prairie alpine, en espèces et couleurs toujours aussi nombreuses et variées :

- le Lamier du mont Gargano

- la Langue de chien (râpeuse)

- la Rhinante crête-de-coq

- le Sainfoin des montagnes

- la Renoncule âcre ou bouton d’or

- la Centaurée des montagnes (bleue) que nous verrons plus loin en tapis magnifiques et à distinguer de la Centaurée à une fleur (mauve)

- trois campanules (Campanule agglomérée, Campanule à feuilles en forme de losange, Campanule à corolle étroite)

- l’Eglantier à feuilles de pimprenelle

- la Pulsatille déjà en fruits

- la Silène penchée avec sa fleur tournée vers le bas

- la Toque des Alpes

- le Lin des Alpes

- le Géranium des bois (que nous verrons en tapis mauve)

- trois espèces de Raiponces (ovoïde, à toupet, à feuilles de Scorzonère)

- la Valériane des montagnes

- le Seneçon doronic (dont les feuilles ressemblent à celles du Doronic), la Violette à deux fleurs jaunes… et bien d’autres !

 

Et aussi des fleurs que nous rencontrons moins couramment, comme la magnifique Anémone à fleur de Narcisse, dont nous verrons plus loin un magnifique tapis, le Lis martagon, le Lis de Saint-Bruno, le Seneçon en tête à l’orange éclatant que les photographes mitraillent car il n’est pas sur le Ménard, l’Arnica des montagnes au jaune-orangé aussi éclatant, reconnaissable à ses pétales du bord (les ligules) un peu retombants, l’Ancolie des Alpes qui fait tant plaisir à Magali, et de nombreux Edelweiss, de quoi porter bonheur à plein de gens…

 

Et encore, comme hier, des plantes comestibles au goût bien particulier :

Le Conopodium majus (ou châtaine de terre) dont Thierry déterre le bulbe au goût de noisette, le Salsifis des champs, dont la racine est comestible, la Silène enflée au feuilles au goût de petit-pois, le Plantain moyen l’Avoine bigarrée protégée dans le 83, le 04, le 05 et le 06, la Renouée vivipare aux graines au goût de noisette, la Gentiane jaune dont on utilise le rhizome dans la préparation de certains apéritifs, la Fétuque en panicule, la Porcelle à une fleur, le Cerfeuil de Villars et la Ciboulette pour parfumer nos salades.

 

Le Géranium des bois et la Centaurée des montagnes s’éclatent en tapis à la limite de l’altitude supportable pour elles, tandis que la Violette à deux fleurs jaunes se cache à l’ombre d’un rocher près duquel nous faisons une pause.

Autour du lac du Vallonnet supérieur (2524 m), nous avons des espèces particulières, bien adaptées à la neige qui tarde à fondre : la Renoncule des glaciers qui détient le record d’altitude, les Saules (le Saule réticulé, le Saule à feuilles de serpolet), le Jonc arctique, la Soldanelle à la délicate corolle frangée, la Renoncule des Pyrénées blanche comme neige, la Violette éperonnée, la Benoîte des montagnes, l’Anémone du mont Baldo et la Minuartie faux-sedum. Nous regardons avec la loupe ses magnifiques petites fleurs et ses tiges serrées qui permettent à la plante de se protéger du froid et des UV… une magnifique fleur devant laquelle nous nous prosternons à tour de rôle.

Le lac fait des méandres dans la pelouse humide : c’est la Sagne caractéristique de la haute montagne et lieu de vie de nombreuses espèces animales, dont les têtards.

 

Aujourd’hui, tout le monde a fait la même balade jusqu’au bout (environ 800 m de dénivelé) et chacun a emporté dans son appareil une moisson de photos et dans son cœur pleins de souvenirs.

 

Mardi 13 juillet est déjà le jour du départ, un peu retardé par des ennuis techniques heureusement réparés. La matinée est consacrée à la visite des forts de Tournoux.

 


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 24/08/2010 à 08:31

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