Les gours bénis (Bras)

Le 24/05/2010

Remarquable compte rendu qui nous est proposé par Berengère. Qu'elle reçoive ici toutes nos félicitations et nos remerciements!!!!

Du coté de Brignoles, entre St Maximin et Le Val, proche de l’Argens, se loge le charmant village de Bras. Comptant 1315 âmes, au riche passé historique, il est traversé par le Cauron.

Le nom de Bras est tiré du celte « brac » qui désigne un trou d’eau un creux. Le village a été peuplé dès la préhistoire, de nombreuses pierres taillées en témoignant ; L’histoire de Bras est aussi traversée par celle des Templiers qui s’y installent au XII s., puis des Hospitaliers (source= « annuaire touristique et culturel du Var par Yves Bernard ; édit. Juin 91 Edisud) Extrait du site internet :  « Bras en Provence verte »=Moyen Age C’est sur la colline St Pierre que Bras se développe au XIe siècle. Un castrum, habitat fortifié, enserre le château, l’église et les habitations. Au XIIIe siècle, les Templiers s’installent à proximité du village dans des bâtiments dont le centre est constitué par la chapelle Notre-Dame de Bethléem. Ils vont alors participer à la croissance du bourg. Cette Commanderie était en fait une exploitation agricole qui assurait le ravitaillement des établissements templiers d’Orient via le port de Marseille. Epoque moderne Suite aux pillages et à la Peste entre le XIVe et le XVe siècle, le site de St Pierre est abandonné au profit d’un nouveau village en contrebas de la colline. S’en suit une période de prospérité durant laquelle la population croît rapidement pour atteindre 1520 habitants au XIXe siècle. Aujourd’hui, le village compte près de 2000 habitants.

Après un premier RV au parking de l’autoroute de ST Maximin (où nous avons pu admirer de curieux orobanches blancs, nous nous retrouvons ce lundi de Pentecôte sur un parking ombragé par d’immenses et respectables platanes qui bordent la rivière. Au pied du village, dans un joli pré fleurissant, trône fièrement un colossal pigeonnier datant de 1645. Pas moins de 30 cadiens sont présents, prêts à partir à la découverte des gours bénis et des libellules; les plus jeunes, armés d’un filet, piétinent d’impatience. Que recèle ce lieu de mystère ? Le plus jeune d’entre nous tous fête son arrivée au Cade : Raphaël, superbe et souriant bébé de 6 mois à peine, se laisse docilement accrocher au dos de sa radieuse maman par son heureux papa. En route pour la découverte !

Le premier arrêt se trouve de l’autre coté du pont : nous approchons du lavoir perché juste au-dessus du Cauron : il est très beau. En contrebas, au bord de la rivière, fleurissent les iris jaunes d’eau. Sur le talus opposé, nous faisons halte un instant : Thierry nous invite à observer les liserons rose cantabrique d’Espagne Convolvulus cantabrica  Particularité : Les pétales soudés forment une ligne de poils à l’extérieur ;le sédum album, joli orpin blanc en fleur ; et une très jolie  graminée: Stipa juncea (stipe faux jonc) qui est proche de la graminée Stipa pennata dite « cheveux d’ange ». En se desséchant, le lemme de la plante va se tortiller.

Puis nous continuons sur un chemin tranquille, qui serpente au milieu d’une campagne paisible, bordé de chêne blancs très imposants. On remarque au passage le salsifis cultivé dont on peut consommer la racine crue ou cuite ; une des bonnes salades sauvages (Tragopogon porrifolius à feuille de poireau ; violet à la différence du salsifis des prés qui est jaune : Tragopogon pratensis dit « barbe de bouc » ; cf « jeantosti.com salsifis). Nous posons un instant le regard sur la silène (Silena italica) , la bonne salade sauvage pétarelle (Silene vulgaris) dont Thierry nous invite à goûter la saveur, l’euphorbe denticulée, l’Erodium ciconium dit « bec de cigogne » à cause de ses fruits typiques (fm géraniacée fleurs bleuesluirig.altervista.org/photos-int/erodium-cico..., ne pas confondre avec le Scandix pecten veneris « peigne de vénus aux fleurs blanchessophy.u-3mrs.fr/photohtm/FI769.HTM ;, une vesce jaune. Puis le grémil pourpre-bleu (Lithospermum purpurocaeruleum), et la rhagadiole en étoile (Rhagadiolus stellatus) dont les bractées s’allongent considérablement après floraison et s’étalent en étoile. Thierry nous explique ici que les plantes s’adaptant au climat, elles doivent lutter contre la sécheresse et activent donc leur rythme de croissance pour arriver à faire leurs graines à temps et assurer ainsi leur reproduction.

Sur un mur en restanque, pousse le lilas d’Espagne rose (Centranthus ruber) dont la particularité est de n’avoir qu’une seule étamine ; le nombril de vénus, la silène d’Italie.

Nous croisons aussi le Cynoglossum officinale (cynoglosse officinale, dont on voudrait savoir pourquoi on dit langue-de-chien) aux petites fleurs rouge vineux ou bleues ; puis le fer à cheval (Hippocrepis comosa) est une petite plante vivace de la famille des légumineuses, caractérisée par ses tiges nombreuses souvent couchées, ligneuses à la base, et portant des feuilles composées de 11 à 17 folioles. Ses fleurs jaunes sont regroupées par 5 à 12 en fleurs (ombelles) longuement pédonculées. Ce sont ses fruits qui sont à l'origine du nom vernaculaire de cette espèce : "le fer à cheval" a en effet la particularité de produire des gousses arquées, sinuées, et présentant des échancrures en forme de "fer à cheval". C'est une espèce caractéristique des pelouses calcaires sèches. (cf bretagne-environnement.org).

Le jasmin sauvage arbustif (Jasminum fruticans) ; le Picris echioides ; L'urosperme de Daléchamps (botaniste 1513/1588) (Urospermum dalechampii ; mourre de porc) que nous –novices- pourrions confondre avec le pissenlit.

(voir=nature.jardin.free.fr/fondecran/urospermum ; article explicatif) ;La sauge ;l’hélianthème jaune Helianthemum nummularium (hélianthème commun) ;puis une graminée l’aegilops (triuncialis ou geniculata ?à vérifier) dont Thierry nous dit qu’elle pourrait être l’ancêtre du blé.

Soudain, le chant du rossignol, mélodieux et enchanteur, invite à la rêverie. Ici le sentier domine des champs de vignes et terrains labourés à la terre brune et grasse. Au loin, la ripisylve riche en feuillus dessine les méandres louvoyants que lui impose le Cauron dissimulé sous son ombrage ; au-delà, la forêt de pin reprend ses droits et souligne les montagnes de l’horizon bien dégagé.

Que de plantes en pleine croissance printanière ! : la coronille « queue de scorpion » Coronilla scorpioides qui doit son nom à la forme courbée du fruit. La cousteline, autre salade sauvage ; l’Aphyllante de Montpellier avec ses jolies fleurs bleues délicates ; la silène d’Italie, le fenouil et le nombril de vénus. Puis le fragon petit houx, le millepertuis, l’oseille autre très bonne salade sauvage et la vesce de Narbonne.

Mais il est temps de quitter le sentier pour rejoindre un espace caché et enchanteur : à quelques mètres de là sur la droite, nous empruntons une sente pentue et ombragée qui déjà nous fait oublier la chaleur du jour qui monte. Parmi les chênes et les saules des chèvres, sous un dais végétal inattendu, se profile une clairière improbable couverte d’une herbe douce et fraîche ; en son centre, deux à trois vasques d’eau reliées parmi les joncs et les iris jaunes donnent à ce lieu magique un aspect de rêve ou de conte. Les gours, trous d’eau profonds et clairs, semblent le repère idéal des nymphes et elfes. Ce qui surprend réellement c’est leur profondeur incroyable sur un petit diamètre et la limpidité parfaite de cette eau. Elle révèle un monde aquatique mystérieux fait d’algues et de plantes fines visibles souvent jusqu’à leurs extrémités. Une alchimie d’eau et de terre donne à l’ensemble une teinte bleutée incroyable. Le mélange du vert et du bleu intensifie la magie et le charme du lieu. Cet effet de couleur étonnant suscite l’attrait ; plusieurs explications varient: les uns parlent de lacs et gouffres d’origines volcaniques, on lit par ailleurs une histoire de résurgence de gaz bouillonnant qui provoquerait l’apparition de cette teinte bleutée….peu importe ! Profitons d’un instant de repos idyllique sous la ramure printanière d’une clairière aux eaux opalescentes. Invitons-nous à se laisser bercer du clapotis léger tandis qu’allongés, le regard se perd dans la frondaison protectrice des arbres.

Après le traditionnel repas convivial, nous sommes conviés à venir observer plus attentivement les petits êtres graciles qui peuplent l’endroit : libellules et demoiselles volètent entre joncs et iris, rasant parfois l’eau, décrivant des circonvolutions soudaines et périlleuses parmi une végétation drue qui borde les gours. Frappés par leurs éclats bleu métallique ou rouges, on apprend à distinguer les anatomies fines ou musclées des divers insectes. Thierry nous invite à remarquer les différences de tailles d’ailes qui caractérisent les libellules par rapport aux demoiselles, ainsi que l’emplacement des yeux, pour les unes rapprochés, pour les autres écartés ; les demoiselles sont fines et couvrent des distances moindres que celles des libellules. La silhouette massue des libellules est souvent  de teintes plus sombres, alors que chez les demoiselles, de la petite nymphe au corps de feu au caloptéryx éclatant en passant par l’agrion jouvencelle, les couleurs ravissantes accentuent le coté gracile de leur corps. On les voit en envol amoureux, parade voltigeuse de deux sujets accouplés qui forment ainsi un cœur. Sur les branches des joncs se distinguent quelques mues accrochées de ces êtres fragiles. Un joli spectacle dans cet écrin féerique, que vient renforcer le chant de la fauvette à tête noire et de la Bouscarle de Cetti.

Mais il est temps de reprendre le cours de la marche et nous quittons avec regret ce lieu paisible et enchanteur pour regagner le chemin de terre qui nous ramène bientôt sur la départementale. Passage obligé, nous longeons un pré couvert de coquelicots et de mauves, traversons le Cauron pour rejoindre l’ancien chemin du Val à St Maximin. Petite halte dans un pré sauvage où poussent des orchidées céphalanthère ; plus loin nous rencontrons des cardères, arums, muscaris à toupet, fleurs d’ails, Ophrys scolopax, des orobanches jaunes, (fleurs parasites qui se nourrissent sur les racines d’autres plantes), la garance voyageuse, l’orchidée pyramidale, le sainfoin. La potentille dressée (Potentille hirta), le buglosse Anchusa italica au beau bleu électrique ; la vesce de Cracovie ; le glaïeul sauvage; à cet instant un vol de guêpier d’Europe nous fait lever la tête : ce superbe oiseau migrateur étonne par ses couleurs éblouissantes. Bientôt nous prenons un autre chemin à gauche, le chemin de Regay qui va nous ramener lentement vers le village. On admire au passage un églantier (Rosa canina ; rosier des chiens ; ou gratte-cul dont on extrait des fruits cynorhodon un suc délicieux pour une confiture suave) ; la Crupina Vulgaris de Cassini, fausse centaurée ; l’érable. A la croisée d’un chemin nous entendons le Loriot. Passage devant quelques maisons et jardins qui nous rapprochent de Bras ; voici l’ornithogale de Narbonne. Plus loin, on hésite à prendre le chemin des crêtes tant la perspective de sa rude cote est peu engageante en ce milieu d’après-midi chaude. Le groupe opte, avec son président en tête, pour le chemin de St Eloi plus propice à la flânerie. Nous voilà rendus au bout de quelques pas sur l’entrée du village avec St Eloi dans sa niche. La traversée du village pour rejoindre le parking se fait en file indienne jusqu’au moment où le groupe stoppe, éberlué, devant le corps d’un magnifique grand paon de nuit (Saturnia pyri) sur le trottoir. Il est intact, finissant peut-être sa nuit dans cet espace de repos improbable. Souhaitons lui longue vie !

Quant à nous, il n’est pas d’usage de se quitter si tôt, alors c’est au frais du bistrot du coin que s’achève notre balade. La journée aura donné à tous l’occasion de belles images dans les appareils et les mémoires.

 

 


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 10/06/2010 à 07:49

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Album photo :


Calopteryx virgo

Le plus jeune cadien

Le gour béni

Des demoiselles très

Onychogomphus

Le village de Bras

Orchis pyramidal

Calopteryx virgo

Calopteryx virgo mâl

La nymphe au corps d

Exuvie de demoiselle

Iris d'eau (Iris pse

Raphaël

Surprise en vol

Saturnia pyri (Grand

Douce amère Solanum

C'est celle qui avai

Fond du gour, pouvan

Qu'est-ce qu'elle es

Iris des Marais, Iri

Iris des Marais, Iri

En pleine action...

Les crocodiles du Ca

Belle demoiselle!!!

Certain Cadiens essa

Céphalanthère pâle,

Orobanche sp. (Oroba

Détail de la fleur d

Fraisier des bois, f

Botablo!

Papaver rhoeas (papa

Légume de la vesce d

Orobanche de profil!

Orchis pyramidal, An

Bovolé

Spécialité de Bras!

Nouveau cadien

Le tour des bonjours

Sur le pont de Bras

Un peu d'historique

Lavoir

Cadiens au lavoir

Stipa juncea

Silène enflée pétare

Lithospermum grémil

Cynoglossum langue d

Sortant des entraill

Une salade sauvage

L'ancêtre du blé? ae

En cheminant

Vignes, champs, ripi

Salade sauvage coust

Suivre le panneau? n

Lilas d'Espagne cent

Salade sauvage oseil

Champs

Vesce de Narbonne

En pénétrant dans la

Magie de l'eau trans

Les gours bénis

Les gours bénis bis

Parmi les joncs et i

Parmi les joncs et l

Oui c'était vert com

Et oui c'était magiq

C'est tellement beau

Fenêtres à meneaux e

Eau d'une teinte d'o

Reflets

Allez une dernière

Repos

Vert tendre

Leçon sur les libell

Attroupement studieu

Toujours attentifs

Eden

Un ange au site des

Mue de libellule

Bon c'est la dernièr

En continuant notre

Qui est-ce qui m'obs

à la croisée des che

Bucolique

Insecte regardant pa

Cardère

Vesce de Cracovie

Potentille

Retour sur le villag

Bien sympathique

Jasmin sauvage arbus

St Eloi

Le Grand Paon était

Pose rafraichissante

Petite main et petit

Vue sur l'Eglise col

Le village centre

Sans commentaire

Un peu de culture av

...la pose bistrot

Pose bis

Pose tris

Comment apprendre à

Bras sud

Quelques explication

Retour au parking

Village et pigeonnie

Sur le Cauron

Panneaux près du pon

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