AGLAGA AU MOURRE D'AGNIS

Le 17/01/2010

Excellentissime compte-rendu que nous devons à la pugnacité de Bérengère. Un grand merci à elle!!!

Le Var recèle plus d’une merveille , curiosités historiques tout autant que botaniques. Ainsi Mazaugue petit village du centre Var de 516 habitants niché tout près de la Sainte Baume, à quelques kilomètres de La Roquebrussanne, connu-t-il un passé faste avec l’exploitation de glacières renommées jusqu’au 19èm siècle. Il faut dire qu’ici les sources fourmillent, en témoigne encore aujourd’hui l’immense lavoir du village. Marseille et Toulon, grands consommateurs de glace à l’époque où n’existaient pas encore nos « frigo » se faisaient ainsi livrer la précieuse marchandise de nuit pendant l’été, marchandise conservée et entretenue par plus de 200 employés dans ces glacière cylindriques de pierre savamment étudiées. On peut ainsi retrouver l’historique de cette industrie au musée de la glace et en visitant la glacière Pivaut.

 

Ce dimanche, il fallu aussi beaucoup d’opiniâtreté à quelques invétérés marcheurs cadiens pour s’attaquer au flanc du Mourre d’Agnis et atteindre son sommet de 919m, d’autant qu’il pointait un « museau » brumeux et glacial. Grimper sans but n’étant pas de mise au cade, c’est le genêt de Lobel qui serait le pompon de la fête. Sans tarder, la côte s’amorce dès la sortie du village via les ruines du château, puis le gr99 poursuit son ascension en serpentant sans discontinuer. Au passage nous apprécions le chant furtif d’une mésange à longue queue, seule de son espèce à vivre en groupe de plus de 20 individus, et notre président rappelle qu’à cette saison plus de 80 % de ces petits oiseaux charmants qui peuplent nos jardins meurent de froid et de faim : aussi ne jetons plus nos miettes de repas et trognons de pommes inutilement au fond d’un sac poubelle.

Puis admirons la fougère capillaire des ânes, la jolie daphné faux laurier très toxique cependant, le polypode du pays de Galle, le chêne kermes, l’érable champêtre… A la croisée des chemins, pose instructive : la composition du sol calcaire dolomitique donne à s’épanouir arbousiers, des genets cendrés à balais. Puis la montée s’accentue encore, et parmi les roches humides de ce versant froid on découvre mousses, lichens, fougères , capillaire des fontaines.

 Au fur et à mesure que se précise l’arrivée au sommet, le froid s’intensifie, la neige fait son apparition alors que les chênes disparaissent, laissant place aux roches nues et une végétation rase. Soudain, on découvre la plaine, le village tout en bas rendu minuscule, l’horizon époustouflant, cependant rapidement envahi d’une remontée de brume froide, humide, qui enveloppe tous les marcheurs sidérés par cette beauté grandiose du paysage. Juste le temps de découvrir le fameux genêt, rond, touffu et raz comme l’exige le peu de clémence du climat là-haut, et déjà tout disparaît dans le blanc du brouillard amené par un vent violent. Il fait froid, très froid mais c’est si beau que rien ne nous fait regretter d’être là.

Le ciel se dégage à nouveau par endroit et offre un panorama géant qu’amplifie le contraste des éléments : vent, neige, soleil furtif derrière un épais manteau nuageux, puis l’accalmie laisse deviner enfin le profil des crêtes effilées qui nous devancent. Nous sommes récompensés d’une montée sans répit, le sommet est renversant de beauté sauvage et déchaînée. Sans doute qu’une émotion intense s’empare de nous tous, chacun restant quasi muet à admirer le faste de la nature.

A la pose repas qui se fait sur le versant abrité opposé nous devinons le reste de l’étendue des plaines et chaînes de montagnes qui nous entourent et le soleil vient gentiment nous réchauffer, tandis qu’ alcools traditionnels cadiens circulent gaiement.

Sur le chemin de crête que nous empruntons en partie, nos regards se tournent vers un cirque naturel de roches façonnées par le temps alors qu’au loin se devine la Sainte Baume. Explication géologique des différentes falaises qui s’opposent, jurassiques, calcaires ou granitiques. Puis, laissant la piste de Caucadis, la descente s’amorce calme, verdoyante dans des sous-bois frais et moussus du versant nord-est, jusqu’à l’arrivée en haut du village par les ruines de son ancien château.

Nous faisons une petite station au bord d’un ruisseau où s’épanouissent des fougères scolopendres reconnues rares par notre guide, puis arrêt curiosité sur ce lavoir immense dont on imagine difficilement aujourd’hui qu’il ait pu accueillir tant de lavandières. Notons pour anecdote non moins curieuse qu’au bistrot du coin on raconte aux marcheurs crédules ( ?!) que des chamois brouteraient sur les versants cachés du Mourre et même qu’un loup y aurait été aperçu. Vérité, légende, ou récit fantastiquocommercial…à chacun de voir.


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Fiche créée le 24/02/2010 à 13:44

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