LA GUISANNE 3ème jour: VALLÉE DE LA CERVEYRETTE

Le 12/07/2009

Le compte rendu est de Bérengère Rivière. Qu'elle soit ici remerciée comme il se doit!

A l’aube du troisième jour, soleil et ciel d’azur étaient au rendez-vous. Aucun cadien ne manquait à l’appel pour cette nouvelle ascension, pas même les 5 valeureux irréductibles marcheurs qui, la veille, avaient foulé le grand Aréa à 2869m en quête d’une mystérieuse plante rare.

Au programme de ce dimanche : le massif ophiolitique du Chenaillet, dont on saura plus tard qu’il recouvre un ancien océan alpin. Nous voici donc en route direction les communes de Cervières et Montgenèvre pour quelques minutes de routes puis de piste sableuse. Au détour d’un lacet , nous laissons nos véhicules pour grimper sur un sentier tranquille qui nous invite à découvrir un panorama superbe sur la plaine et les montagnes alentours. Emaillés ça et là de plantes toutes aussi belles les unes que les autres, la sente nous invite à  côtoyer une flore pittoresque aux couleurs chatoyantes : de l’armoise vulgaire (dont il est dit qu’à ses heures elle insulte le promeneur lambda s’il tend l’oreille trop présomptueusement ; information recueillie scrupuleusement mais à vérifier !) à l’épervière laineuse, en passant par la laitue vivace qui sera engloutie voracement par notre président sous les yeux effarés des crédules témoins que nous sommes, la journée à pris la tournure d’une initiation particulière: comment reconnaître les plantes dont on peut apprécier les bienfaits nourrissants ou curatifs. (Il faut dire que, le premier jour, l’ascension en téléphérique via le mont Prorel, avait donné lieu à des conversations très orientées sur les informations récentes d’une promeneuse perdue par son groupe en montagne et qui a du survivre pendant 11 jours en mangeant des racines notamment ; de là s’en suivirent les angoisses liées au possible décrochement de la cabine ( !) et à la chute vertigineuse (non moins probable !)qu’on pourrait faire avant de retrouver le sol ferme, ou à l’éventuelle descente en rappel si toutefois des secouristes nous venaient en aide. L’imagination en groupe va bon train et nous avons ainsi devisé sur la nécessaire connaissance de son environnement pour une survie plus assurée.).

Est-ce l’effet de cette séquence émotion en téléphérique, mais nous voici amenés à nous intéresser de plus près aux bonnes plantes et comment éviter de consommer les toxiques. Sur ce terrain calcaire n’oublions pas de savourer du regard le très bel œillet des chartreux, la drôle de lunetière, la véronique en épis etc. Pour info, il est donc possible de grignoter la laitue vivace dont la belle fleur bleue se déguste avec ou sans sa feuille ; manger aussi les groseille si vous ne craignez pas leur goût acidulé, le fruit de l’Argousier riche en vitamine c, également acide mais dont on peut faire de la confiture (bon là il ne faut pas s’être perdu sans l’attirail nécessaire !) ; puis le fruit de la Renouée bistorte, appréciés par les lagopèdes mais dont le goût de noisette ne vous laissera pas insensible. Attention, comme tout bon stagiaire attentif aux conseils prodigués par notre président émérite, n’oubliez pas que le fruit rouge, tentant mais trompeur de la Daphné bois-gentil, n’est pas –comme son nom l’indique- gentil du tout mais vous enverrait passer de vie à trépas sans procès.
A la petite pose de 11 heure, nous avons eu un cours de génétique sur les pins à crochet et leur mode de reproduction ; ainsi sommes-nous repartis en sachant que trois générations de rameaux peuvent se suivrent sur une branche et que le cône femelle violet devisera avec le cône mâle marron pour garantir la génération future et l’embellissement de cet arbre.
Reprenant le cours de notre stage de survie gratuit improvisé, nous voilà devant l’épine vinette (berberis vulgaris) dont le fruit se consomme aussi en confiture (si on en a le temps et si l’on n’est pas rebuté par les épines piquantes qui l’accompagnent). Mais la question fatidique de la survie ne doit  rien laisser au hasard.
Puis le long d’un sentier géologique nous avons croisé le trolle, le choux de Richet, à ne consommer ni l’un ni l’autre, pour parvenir au sommet de la crête et découvrir le lac des Sarailles à 2236 m d’altitude. C’est ici que nos apprentis se sont posés pour un pique-nique entièrement aseptisé mais sans danger immédiat. Autour de ce lac notre président nous a convié ensuite à reconnaître les plantes propres aux ceintures des terrains humides et bourbeux : carex, benoîte des ruisseaux , grassette et tofieldie ne devraient plus avoir de secret pour nous.
Puis Bernard, notre géologue de talent tout aussi chevronné que modeste nous a invité à remonter le temps pour une histoire de dessous la terre : visite vers le gabbro, le basalte et autres mystères du centre de la terre; sous notre croûte terrestre sommeille le manteau qui abrite un noyau et son magma ; comment les plaques ont-elles bougé ? Là où poussent ces merveilleuses fleurs se trouvaient un océan, telle est la magie de notre belle planète qui n’en finit pas de nous étonner.
Nous repartons pour une dernière ascension via la crête du Chenaillet, en file indienne sur un sentier qui domine tout un panorama époustouflant. Nous jouissons d’un ciel remarquable qui alterne savamment soleil et passage nuageux avec une brise propice à nous mettre à l’aise. Tout est parfait, tout est beau ! Petite pose à l’endroit d’un abris de berger, derniers regards admiratifs sur ces monts grandioses qui nous entourent avant de redescendre et d’atteindre le carrefour qui donne notre ultime destination : les Fraches. Au passage nous longeons le lac noir, saluons la linaigrette à feuille étroite, le cumin des alpes et la belle ciboulette sauvage. Un temps d’arrêt pour admirer la petite grenouille qui, malgré l’embrassade présidentielle ne se sera pas transformée. Admirons la grande gentiane dont on tire la suze et émouvons-nous devant le bel apollon en fin de vie. Puis, au détour d’une courbe se profile une pente douce où paissent quelques vaches paisibles, et là, fière, malgré son grand délabrement, la ferme des Fraches nous laisse sans voix : bel ensemble de bois et de pierre cette masure aux allures de gîte abandonné nous accueille pour la pose goûter. Quel bel endroit se serrait pour passer un temps hors du bruit et de l’agitation citadine !
Passée cette pose où le temps ne comptait plus, nous sommes repartis en descendant sur un sentier bordé de mille fleurs à l’allure d’un bouquet final de feu d’artifice. En bas, le chemin des voitures retrouvé, le groupe s’est scindé pour une reconnaissance du rare bouleau des Carpathes, puis s’est retrouvé au soir pour l’apéro et le dîner : une raclette bienvenue pour ravigoter les marcheurs, suivie de la conférence de notre président sur la protection des fleurs avec diaporama, et tournée génépi pour clore. Belle journée encore que ce dimanche à la Guisanne !

Plantes observées:

o    Armoise vulgaire. (on frotte ça sent l’absinthe).
o    Plantain moyen.
o    Oiseau : patte rouge, bec jaune : chocard ; son régime alimentaire est varié ; famille corneille.
o    Oiseau : crave ( ?).
o    Epervière laineuse (terrain calcaire).
o    Scrofulaire des montagnes.
o    Buplèvre (ombellifère jaune)feuilles non découpées.
o    Dompte venin.
o    Potentille à grandes fleurs.
o    Œillet des chartreux.
o    Petite épervière.
L’ascension se poursuit sur un raidillon à la queue leu leu.

o    Lunetière.
o    Séneçon.
o    Minuartie à feuille de mélèze : grande habituée des rocailles moyennes ; rosette, feuilles ressemble à elles du mélèze ; ataxan assez courant résiste au froid et sécheresse ; on voit donc qu’on est dans un paysage et sol typique des steppes.
o    Anthyllis vulnéraire (plante médicinale).
o    Orpin alpin.
o    Vélar de suisse ; genre Erysimum.
o    Laitue vivace ; fleurs violettes ; Thierry l’a mangé devant nous ; on peut aussi manger les feuilles.
o    Nerprun nain (il est couché, suit le rocher ; ses fruits ne sont pas comestibles) ; l’arbuste pousse en espalier pour lutter contre le vent ; fruit rouge, ressemble à l’alaterne.
o    Herbe aux chats ; (genre Nepeta).
o    Groseillér.
o    Potentilla argentata.
o    Linaire (fleur à deux lèvres, + un éperon à la fin de la fleur striée blanche.
o    Véronique (bleue) très petite en épis ; pseudolysimachium spicatum.
o    Toque des Alpes.
►    Pierre=  olivine ; pyroxène ; gabbro ; plagioclase ; amphibole ; croûte océanique ; basalte ; pillow-lava, forme d’oreiller ; gabbro altéré.
o    Crète de coq rhinanthe ; calice vésiculeux alectorum olophum.
o    Gypsophile rampant.
o    Hélianthème (jaune) canum fleur du soleil.
o    Argousier (arbuste ; fruit acide mais  très riche en vitamine c ; on en fait de la confiture.
o    Trèfle bai.
o    Potentille à 4 pétales.
o    Valériane dioïque typique des endroits marécageux, tourbeux.
o    Renouée bistorte ; fruit goûteux pour les lagopède (gros coq d’hiver, blanc et noir) goût de noisette.
o    Daphné bois gentil est mortelle, baies rouges.
o    Primevère farineuse.

Pose à mi parcours ascension vers 11h .
On repart mais arrêt devant un pin :

o    Pin à crochet au bout des pommes : cône femelle et cône mâle (femelle violet) permet de distinguer les rameaux de l’année des autres ; 3 générations de rameaux.
o    Berbéris vulgaris ; épine vinette ; baie dont on fait les confitures ; piquant.
o    Trolle (jaune) ressemble à renoncule.

Grimpette sur un sentier géologique et marche escalier en bois.

o    Epilobe de Fléischer (rose) à feuille de romarin.
o    Choux de Richer ; en fleur et en fruit.

Arrivée au lac des Sarailles 2236 m d’altitude ; pose picnique.
Après le repas, explication sur la végétation du bord du lac, des différentes ceintures de végétaux ; explications aussi sur géologie par Bernard.

o    Benoîte des ruisseaux.
o    Mousse.
o    Carex utricules = fruits des épis femelles
o    Saule de montagne salex hastata (plutôt petits).
o    Géologie : on est ici au fond d’un ancien océan alpin ; sous la croûte (océan, continent), il y a le manteau (basalte gabbro) puis plus en profondeur, il y a le noyau ; abduction, péridotite ; ophio= serpent ; lite= lithos : pierre  = peau de serpent. Gabbro refroidi vite, basalte lentement. Poche magmatique ; dorsale
Autour de l’étang, plusieurs ceintures végétales.
o    Grassette : plante carnivore (violette) visqueuse où les insectes se collent et meurent digérés par la plante.
o    Tofeldie
o    .saule nain (très rasant au sol) à feuilles de serpolet.
o    Capillaire du nord (fougère).
o    Valériane à 3 ailes.

On suit le sentier sur le flan de la montage d’où la vue est grandiose ; arrêt à un abri de berger pour profiter quelques instants du panorama.  (voir photo jointe) ; puis descente jusqu’à la pancarte carrefour :
               
Point halte avant la descente.
Passage devant le lac Noir.

o    Benoîte des ruisseaux.
o    Epilobe de Dodona.
o    Carex davaliana.
o    Linaigrette à feuille étroite (pas la même que l’autre).
o    Cumin des alpes.
o    Ciboulette sauvage.
o    Grande gentiane jaune (dont on extrait la racine pour faire la suze).
o    Papillon Apollon (en piteux état dans l’herbe).
o    Cynoglosse langue de chien.


Arrêt devant la ferme des Fraches, superbe masure mais en ruine car pas entretenue.

o    Renouée bistorte.
o    Centaurée des montagnes (différentes de celles à une fleur).
o    Genévrier sabine.
o    Laser de Haler (ombellifère blanche).
o    Achillée 1000 fleurs.
o    Trèfle des montagnes.


Aucun organisme rencontré lors de cette sortie

Fiche créée le 07/08/2009 à 08:44

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Album photo :


Nouvelle recrue!

En attendant le pot

un p'tit lac

Linaire des Alpes

Des argus très occup

Un repos bien mérité

Le thierrymenardus d

Retour des sommets

Leny émerveillé

Le chapeau fleuri d'

Eriophorum angustifo

Gentiana lutea (gent

Brassica richeri (ch

Trollius europaeus (

Tofielda calyculata

Geum rivulare (benoî

Betula pubescens sub

Pyrola rotundifolia

Zygaene sur Dianthus

Epilobium dodonaei (

Centaurea montana (c

Angelica sylvestris

Anchusa officinalis

Veronica allionii (V

Rhinantus alectorlop

Ifolium badium (trè

Rosa pimpinellifolia

Cônes femelles de pi

Berberis vulgaris (É

Senecio halleri (sén

Gypsophila repens (g

Saxifraga paniculata

Eglantier

Pin à crochets (Pinu

Pinus ucinata (bis)

Salade de Magali!!

Chou de Richet

Trolle boule d'or (t

Je me suis toujours

Pap?

Linaigrette (Eriopho

Zygène (lépidoptère)

Ciboulette

Fruit inconnu...

Aculepeira ceropegia

Apollon (Parnassius

Très beau

Trèfle Bai (Trifoliu

Benoîte des ruisseau

Cynoglosse officinal

Cynoglosse officinal

Belle étable ...

Centaurée des montag

Bouleau des Carpathe

Aïe les moustiques!

Belle inconnue

Criquet

 

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