La montagne des Ubacs, nuit aux étoiles

Le 13/06/2009

Cet extraordinaire compte-rendu nous a été concocté par Bérangère que nous remercions très vivement pour sa patience et l'ampleur titanesque de son travail!!!!!

Au nombre de treize, pour une fois encore !

De valeureux cadiens ont roupillé dehors.

Sur la crête de la montagne des ubacs

Ont planté vaillamment leur modeste bivouac,

Bravant moustiques, papillons fous et sauvages araignées

Ont enduré sans peur, bruits, souffles rauques et humidité.

Que leur bravoure soit récompensée !

Morphée ne les a pas abandonnés.

Par toutes les merveilles du firmament offertes

Leurs yeux comblés se sont fermés

Laissant constellations et autres découvertes

Emplir leurs songes jusqu’à l’aube dorée.

Et oui, il fallait bien se rendre à l’évidence, CADE veut dire aussi : Crapahuter sur les pentes abruptes Arpenter les crêtes rocheuses Dormir par tous les temps Embrasser le ciel et l’horizon.

Et de mémoire de président, dormir sous les étoiles, voilà une première !

Ce samedi 13 (décidément c’est un bon chiffre), nous nous sommes donc retrouvés à Rians vers 15h, pour se rendre via Jouques et rejoindre la Montagne des Ubacs. La campagne alentours était rieuse, printanière et verdoyante. Passant aux abords du domaine de Sambuc, nous avons garé les voitures en haut de la petite route serpentante. Nous y avons laissé le nécessaire pour la nuit et le petit déjeuner, afin de ne pas trop s’alourdir et apprécier la montée jusqu’aux crêtes. Le parking étant relativement proche du lieu de bivouac, nous pouvions donc faire le circuit de randonnée sans nous encombrer.

La grimpette était raide sous le soleil très chaud mais déjà de nombreuses plantes ont éveillées nos curiosités ; dans la rocailleuse ascension, les stipes faux jonc et stipe en plume rendaient sa douceur au paysage. (voir liste jointe).Puis nous avons fait la rencontre d’un criquet hérisson et sa compagne, qui se souviendront rageusement de nos étonnements bruyants.

Rocailles claires, buissons épineux de cette garrigue ont vite laissé découvrir un panorama superbe : d’un coté nous avions la Sainte Victoire sur sa face envers plus discrète, avec la vallée de Vauvenargues, de l’autre une étendue immense de plaines et de montagnes, la Durance et le canal du midi ( le Lubéron, la montagne de Lure, etc.)

Il nous a même été possible, durant notre ascension, de voir la mer du coté de l’étang de Berre. Après avoir admiré ces paysages couvrant le Var et les Bouches du Rhône, nous avons longé la crêtes sur une petite partie puis sommes descendus versant sud par une forêt de petits chênes dont l’ombre fut nettement appréciée.

Dès lors, notre président favori a distribué la fiche signalétique de la fameuse luzerne en pelote (car c’était bien pour elle tout ce convoi d’invétérés marcheurs) et promis un verre d’excellent vin rouge à qui la trouverait en premier ; et oui, il faut savoir motiver ses troupes ! Elle fut trouvée, non sans peine, alors même qu’elle trônait au milieu du chemin. Pour une qui demande sa protection, en voilà un drôle d’endroit ! Enfin, on lui pardonne, car sans elle où serions nous allés promener ce samedi ?

Après avoir traversé une plaine florissante, peuplée de multiples papillons aux couleurs ravissantes, le circuit en boucle nous a conduit à rejoindre les crêtes sur l’autre versant. Au bout de ces quelques heures de marches sous un soleil qui n’était pas avare de sa chaleur, nous avons sortis les pique-nique dans la douceur du soir tombant. Repus, il a fallu rejoindre les voitures pour récupérer nos sac de couchage, repas du petit déjeuner et remonter sur la crête.

Le soir : Après une installation succincte (un sac est vite déroulé !) notre président nous a convié à nous installer autour de sa lunette et de son ordinateur, pour nous faire découvrir les merveilles de notre beau ciel étoilé. Car il n’a pas ménagé sa peine Thierry ! Il avait apporté avec lui tout son matériel pour nous concocter une soirée rare d’exploration, et nous n’avons pas été déçus : petit à petit le ciel s’est assombri, les lumières étoilées se sont allumées et notre guide nous a fait les honneurs du domaine céleste. Ce fut un enchantement ! et aussi un bon moment de convivialité drôle et légère comme le petit vent frais qui nous tenait éveillé.

Que d’imagination déployée par les inventeurs de ces constellations ! (voir le commentaire de Thierry ). Vers minuit, après un voyage riche en découvertes, l’attention s’est nettement relâchée. Cadiens après cadiens les sacs se sont remplis de dormeurs méritants : la nuit avait laissé tomber l’humidité sur les duvets, le sol rocailleux offrait peu d’espace de détente, mais déjà quelques ronfleurs emplissaient l’espace sonore. Il fallait dormir coûte que coûte car Thierry avait prévu un réveil exceptionnel à 3h du matin, lorsque la lune apparaîtrait, pour nous faire découvrir …..vous le saurez en lisant son commentaire !! hi hi… Effectivement cela valait bien le coup de se relever, d’autant que la plupart d’entre nous n’avait pas franchement dormi à 100%. Le spectacle fut grandiose !

Un peu plus tard, on a tous sombré dans un second sommeil, lourd et bruyant cette fois, jusqu’ au matin où le soleil est venu nous chatouiller les oreilles et un malencontreux portable oublié de se faire oublier. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt et nous avions encore du chemin à parcourir ! Pendant le déjeuner rapide mais vital, chacun a pu exprimer son vécu sur la nuit passée, mais les visages en disaient assez longs déjà : qui fut assailli par une flopée de bébés araignées, qui a senti un IVNI (Insecte Volant Non Identifié) percuter son nez (seul organe osant dépasser du duvet), qui n’a pas apprécié l’absence de son oreiller, ou déploré l’aboiement incessant d’un chien au loin. Heureusement, ou pas, nous n’aurons pas eu la visite de sanglier ou lapin ; cela aurait pu être intéressant comme rencontre.

A ce sujet, vous est recommandé la lecture d’un ouvrage passionnant de François Terrasson : « la peur de la nature » ; disponible en bibliothèque de Draguignan notamment, on y découvre l’apologie de la nature et de ce qu’en fait l’être humain dans son comportement imprégné de peurs et d’ignorances, mais aussi comment ne plus fonctionner avec ces peurs.

 

Dimanche matin : Nous avons donc plié nos sacs et aussi notre tente ! le modèle qui se jette et se monte seul n’est pas aussi simple à replier, merci Dominique de ton aide ! Ah surprise ! sur le cade de Phénicie, une visiteuse discrète a montré son talent de camouflage : la magicienne dentelée, de la famille des mantes religieuses se tenait stoïquement face au soleil. Et dire que nos sacs de couchage étaient juste en-dessous !

Après une toilette très très brève, crête oblige , ce fut le retour aux voitures pour une descente sur le versant sud un peu plus bas. Là nous nous sommes garés puis avons repris la marche. Le soleil dardait tous ses feux dès huit heures déjà. Mais nous avons traversé des paysages superbes dans cette plaine, rencontré toutes sortes de belles plantes.(voir liste)

Au domaine de Lambruisse, où se trouve bergerie et prairies, nous avons fait halte sous une voûte de chênes pubescents énormes, dont l’ombre salvatrice nous a réconfortée.

Le dôme d’un très beau puit a servi momentanément de siège pour certains. Puis nous avons gravi une dernière côte très raide pour atteindre l’autre versant sud de la montagne ; là, sous l’ombrage serein de petits chênes verts nous avons posés nos reins épuisés et pieds meurtris pour laisser place au repas bien mérité et bien garni de vins, liqueurs et gâteaux comme il se doit au Cade.

Suite du parcours qui fait face à la Sainte Victoire, majestueuse dans son versant nord aussi ; ce sont les chenilles des machaons et sphinx des euphorbes qui ont suscitées nos émerveillements entre autres. Puis le chemin a conduit nos pas jusqu’au retour vers les voitures en milieu d’après midi ; nous n’étions pas mécontents de faire une pose car le soleil était vraiment fort.

Cette escapade à Rians fut donc bien belle et a tenue ses promesses.

L’expérience du bivouac nous a tous charmé, le site était grandiose ; et la nuit aux étoiles un véritable voyage dans le ciel. Merci à Thierry de s’être donné autant pour nous faire partager son amour de la nature, nous apprendre à mieux la connaître pour mieux

Plantes et animaux vus pendant cette escapade sur la Montagne des Ubacs près de Rians. Dans l’ordre d’apparition le long du chemin et de la journée : (liste non exhaustive)

Samedi après midi en grimpant sur la montagne aux Ubacs puis le long du sentier de crête et le retour en boucle :

  • Crapaudine de Rome. ( Sideritis romana)
  • Bugle petit pin. (Ajuga chamaepytis)
  • Stipe faux jonc (graminée).(Stipa offneri)
  • Crapaudine à feuille d’hysope.(Sideritis hyssopifolia)
  • Buplèvre.(Bupleurum cf. falcatum)
  • Inule des montagnes. (Inula Montana)
  • Sédum blanc (Sedum album). Sédum élevé.(Sedum altissimum)
  • Sorbier blanc.(Sorbus aria)
  • Mancienne (arbuste à feuilles épaisses veloutées et dentelées).(Viburnum lantana)
  • Stipe en plume (stipa penanta).
  • Scrofulaire des chiens. (Scrophularia canina)
  • Diverses germandrées : (Teucrium lucidum, T. flavum, T. aureum, T. chamaedrys).
  • Luzerne(genre Medicago): elle possède des gousses enroulées sur elles-mêmes, entourées de pics ou de poils pour s’accrocher aux animaux et ainsi permettre la dissémination. On dit qu’il s’agit de zoochorie. ( anémochorie par le vent ; autochore lorsque la plante pratique elle-même sa propre dissémination: comme le concombre d’âne.)
  • Germandrée petit chêne (qui possède des vertus dépuratives entre autre).
  • Trinia vulgaris (ombéllifère).
  • Petite mélique (graminée). Leuzée en pomme de pin (Leuzea conifera).
  • Orchidée hélléborine (fleurie dans les sous-bois au mois de juin Epipactis helleborine).
  • Orchidée céphalantère rouge (dont la couleur est en fait plutôt lilas Cephalanthera rubra).
  • Filaire (Phyllirea media et latifolia, arbustes).
  • Lotier (Lotus hispidus).
  • Un érable qui tient à la fois de l’érable champêtre et de l’érable de Montpellier (Acer monspessulanum).
  • Cuscute : plante parasite faite de sorte de filaments rouges qui s’enroule et fabrique un sucoir pour se nourrir de la plante support (ici une badasse) (Cuscuta epithymum).
  • Lin de Narbonne (Linum narbonense).
  • Euphorbe petit cyprès (Euphorbia cyparissias).
  • Et surtout la très rare et très fameuse luzerne en pelotte, protégée en région PACA (Medicago sativa subsp. glomerata) !!!
  • Dimanche matin au réveil après le pt’it déj : Orchis bouc (Himantoglossum hircinum)
  • Anthyllis vulnéraire.(plante médicinale, Anthyllis vulneraria).
  • Sauge phlomis faux lychnis (Phlomis lychnitis). La fantastique magicienne dentelée (Saga pedo), insecte rare et protégé, de la famille des mantes religieuses :
  • Dimanche ; seconde randonnée entre la Montagne aux Ubacs et la Ste Victoire, dans le creux du vallon, puis le long du sentier jusqu’au retour. Phlomis rose autochore (Phlomis erba venti).
  • Cirse féroce (Cirsium ferox) (on dirait un chardon très haut ; le long d’un champ cultivé et labouré)
  • Centaurée du solstice (fleurs jaunes) (Centaurea solsticialis).
  • Prunelle grandiflora (, Prunella grandiflora, fleur bleues), et plus loin, la brunelle découpée (Prunella laciniata).
  • Euphorbe de séguier (Euphorbia seguieriana). Dimanche après le pic-nique du midi
  • Arrête bœuf (Ononis campestris).
  • Erable de Montpellier. Chenilles du machaon et du Sphinx de l’euphorbe. Toutes deux ont des couleurs superbes.

Puis les chants de certains oiseaux repérés : Le rossignol (le plus beau chant varié et mélodieux). Le pinson des arbres. Le pouillot véloce. Le rouge gorge. (très joli chant varié aussi) La chouette hulotte. L’engoulevent. (chant qui ressemble à un bruit de moteur de cyclomoteur !!!!)…

Constellations et planètes apercus la nuit (dans le désordre):

la Grande Ourse, la Petite Ourse (avec l'étoile "polaire" ou Polaris), le Bouvier (avec Arcturus), la belle Chevelure de Bérénice, les deux Chiens de Chasse, l'Aigle avec Altaïr, le Cygne avec Deneb, la Lyre avec la très lumineuse Véga, la Vierge avec Spica, le Lion avec Regulus, jamais très loin de Regulus, on a pu observer au mini téléscope Saturne accompagné de son satellite Encelade, le Dauphin, le Lynx, le Scorpion avec Antarès, la Couronne Boréale, le W de Cassiopée, la maison renversée de Céphée, le Dragon, le Corbeau, un bout du Cocher avec Capella, Castor et Pollux des Gémeaux, la Girafe, la Balance, le Serpentaire et le Serpent, l'Écu de Sobieski (peu évident), le Loup (peu évident aussi). Et à 3h30 du matin, au mini téléscope, l'incroyable spectacle de Jupiter accompagné de ses 4 satellites galliléens: Callisto, Ganymède, Io et de l'autre côté Europe. Au passage un coup d'oeil à la Lunequi s'était levé entre temps et aussi à Andromède dont nous avons observé la nébuleuse (peu évidente au mini téléscope).

Eh oui nous avons vu tout ça!!!!!!!!....


1 organisme rencontré lors de cette sortie :

  • Luzerne en pelote
  • Fiche créée le 07/09/2009 à 07:58

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    Album photo :


    Sous les yeux de la

    Le Président en acti

    Pique-nique au couch

    2 secondes à l'ouver

    danger, cyanure!

    C'est le printemps!

    Vite, à l'ombre!

    Au réveil 1

    Au réveil 2

    Au réveil 3

    Pique nique ou siest

    Fait chaud...

    Fabriciana niobe

    Centaurea collina

    Teucrium aureum

    Nuit tombante

    La chenille du sphin

    Gousse de la luzerne

    Phlomis erba venti

    La remarquable luzer

    Orchis bouc (Himanto

    Phlomis lychnitis

    Crapaudine de Rome (

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